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Après l’annonce du retrait de la gestion des écoles de Yavuz Selim de l’Association Baskent egitim, la résistance s’organise. Administration, parents d’élèves, personnel enseignant et élèves se mobilisent. Ils comptent engager la bataille judiciaire pour amener le gouvernement à reculer.

Ce n’était pas le meilleur jour hier, au groupe Yavuz Selim. L’émotion était palpable et l’inquiétude se lisait sur tous les visages. L’administration, le corps enseignant, les parents d’élèves tous se posaient une question : Quel sera le sort des pensionnaires du groupe après la décision de l’Etat du Sénégal de transférer la gestion de Yavuz Selim à la Fondation turque Maarif ? Une question sans réponse pour le moment et qui a plongé le groupe dans une crise profonde.
Dès les premières heures de la matinée, les parents d’élèves, les membres de l’administration et tout le personnel des écoles du groupe ont pris d’assaut l’amphithéâtre du collège Bosphore pour exprimer leur surprise, leur étonnement, leur regret et leur colère par rapport à cette décision que Madiambal Diagne, président de l’Association Baskent egitim et parent d’élèves, juge inacceptable et lourde de conséquences. M. Diagne se demande «sur quel fondement juridique le gouvernement peut prendre un bien privé d’une association privée pour le donner à une fondation gouvernementale». Pour Me Assane Dioma Ndiaye, aucun gouvernement ne peut forcer une association privée à céder ses droits matériels et immatériels à une association étatique. Pourtant, les écoles Yavuz Selim existent en France, en Allemagne et dans d’autres pays et aux Etats-Unis. «Jamais le gouvernement turc n’a osé demander la fermeture de ces écoles dans ces pays», déplore M. Diagne.
Inquiète de l’avenir des élèves, l’administration a interpellé le ministre de l’Education nationale qui leur a annoncé la mesure qu’elle ne voudrait pas aller à l’aventure en confiant les élèves à une Fondation «politique» en plein milieu de l’année scolaire. «Nous sommes à quelque 4 jours des compositions. Comment de nouveaux professeurs, qui ne connaissent pas le Sénégal, qui ne sont jamais venus dans ce pays peuvent-ils continuer une année scolaire entamée par d’autres ?», s’interroge toujours le président de l’association Baskent egitim. Me Assane Dioma Ndiaye, soulignant la mauvaise foi de l’Etat dans cette affaire, voit en outre la main du Président turc Raccip  Tayyip Erdogan qui, selon la robe noire, n’a aucune ambition pour le projet éducatif sénégalais. «Son objectif est de se lancer dans une logique de représailles et d’oppression de Gülen qui n’est même pas au Sénégal et dont on n’a pas pu apporter la moindre preuve de son implication au coup d’Etat du 15 juillet 2016», tonne-t-il. Il s’est d’ailleurs constitué avocat du groupe Yavuz Selim dans cette affaire.
Des élèves en colère se sont relayés à la tribune pour dénoncer la décision. Ils demandent au Président de surseoir à cette mesure pour leur permettre de terminer leur scolarité dans la sérénité car, selon eux, cette école est devenue une seconde famille. Une réaction des élèves qui a fait pleurer beaucoup de parents dans cet amphithéâtre.

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