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La mobilisation continue de plus belle au groupe scolaire Yavuz Selim. Hier, l’administration, les parents d’élèves et le corps professoral ont fait le point sur la lutte. La société civile, les syndicats d’enseignants, l’association Sos consommateurs et des organisations de défense des droits humains ont rejoint le combat pour pousser le gouvernement à revenir sur sa décision.

La lutte continue au groupe scolaire Yavuz Selim. L’administration, les parents d’élèves et le corps professoral qui, jusque-là, portaient le combat ont été rejoints par des syndicats d’enseignants, les défenseurs des droits humains, l’association Sos consommateurs et l’Union nationale des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Unapes). En attendant, l’administration, déterminée à aller jusqu’au bout, dit attendre toujours la notification officielle de la décision du gouvernement sénégalais, transférant la gestion des écoles Yavuz Selim à la Fondation Maarif du Président turc Recep Tayip  Erdogan, pour engager la bataille juridique.
Pourtant, juste après l’annonce de la décision par le gouvernement, l’administration avait saisi le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, pour lui demander une notification officielle. L’Association Baskent Egitim avait aussi introduit auprès du même ministre un recours gracieux pour solliciter un report de la décision et permettre aux enfants de terminer l’année scolaire dans la sérénité. Jusque-là, «l’administration des écoles Yavuz Selim n’a reçu aucun document administratif de la part du ministre», dénonce le président de l’Association Baskent Egitim, Madiambal Diagne. Pourquoi l’Etat tarde-t-il donc à notifier la décision à l’administration ? Me Massokhna Kane, président de l’Association Sos Consommateurs, qualifiant la décision de l’Etat de «bêtise historique en matière de droit et d’éducation», a sa petite idée. Le président de l’Association Sos Consommateurs, venu apporter son soutien, estime que l’Etat éprouve des difficultés à motiver la notification. «L’Etat ne peut dissoudre une association que par une décision de justice. Je ne vois pas comment le gouvernement peut violer ses propres lois pour faire plaisir à une personne étrangère», se demande l’avocat. En tout état de cause, la décision de l’Etat ne se fera pas sans difficultés. Car, précise le président, «Yavuz Selim est une association sénégalaise de droit privé avec des actionnaires sénégalais, turcs et français».

Maarif cherche des enseignants de niveau Bac
L’administration, révoltée par l’attitude de l’Etat, a aussi condamné le communiqué de l’Ambassade de la Turquie au Sénégal qui, selon Madiambal Diagne, crie déjà à la victoire. «Quels arguments la Turquie peut-elle avoir pour notre politique éducative pour que l’Etat du Sénégal se presse à lui confier la gestion des écoles Yavuz Selim en pleine année scolaire ?», se demande M. Diagne furieux. Pour lui, il y a anguille sous roche.
Les parents d’élèves, par la voix de Oumy Mbaye, ont exprimé à leur tour leurs préoccupations. Ils disent ne pas avoir confiance à la Fondation Maarif créée de toutes pièces par le Président turc Erdogan il y a juste 4 mois. «Nous n’accepterons pas cette décision», peste Oumy Mbaye, qui n’écarte pas l’idée d’une marche, si l’Etat ne recule pas. Revenant sur  cette Fondation, le censeur de l’école Bosphore, Mamadou Ndoye  révèle que celle-ci n’est même pas prête à reprendre les enseignements. «Maarif vient de lancer un appel à candidatures pour des enseignants de niveau Bac à envoyer dans les écoles africaines», soutient-il.
Madiambal Diagne dénonce un manque de respect et souligne que la Fondation n’a pas un projet éducatif pour leurs enfants. «Leur donner l’école, c’est la fermer. Car l’objectif premier d’Erdogan, il y a deux ans, c’était de fermer les écoles dans les 170 pays à travers le monde. Il n’y a pas d’équivoque en signant cette décision, le gouvernement signe l’arrêt de mort des écoles de Yavuz Selim», s’indigne le Président de Yavuz Selim.
ndieng@lequotidien.sn

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