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Des élèves dans la cour du collège Bosphore.

Au-delà des indignations, des dénonciations et de l’émotion provoquée par le changement de gestion à Yavuz Selim, l’administration, l’Association des parents d’élèves et le corps enseignant ont décidé d’engager la bataille. Elle va être menée sur tous les fronts. D’abord d’un commun accord, ils ont décidé de mettre sur pied un comité de crise. Ce dernier va sortir une déclaration incessamment. Il va également introduire une demande d’audience auprès du chef de l’Etat pour discuter avec le Président Macky Sall et lui demander de tenir compte de leurs préoccupations et de préserver l’avenir des élèves du groupe.
Aussi, il a été décidé de mener le combat au niveau judiciaire. Un pool d’avocats commis à cet effet a décidé dès réception de la notification administrative d’introduire un recours auprès de la Cour suprême pour excès de pouvoir. Une requête aux fins de sursis à exécution va être également introduite. Cela, assure Me Assane Dioma Ndiaye, empêcherait l’exécution de la décision tant que la Cour suprême n’aura pas statué pour excès de pouvoir, car la procédure risque de prendre 5 à 6 mois. Le défenseur des droits humains envisage de porter l’affaire à l’international, devant la Cour de justice de la Cedeao pour violation de droit à l’éducation des enfants. «Nous allons également lui demander d’ordonner le sursis à exécution de la décision jusqu’à ce qu’une décision soit rendue», assure-t-il. En attendant cette procédure, le conseiller juridique et non moins parent d’élèves demande à l’administration de garder la sérénité et de continuer les enseignements jusqu’à ce que l’autorité leur notifie la décision.
Le Sénégal sera le 5ème pays au monde, après la Gambie, la Guinée Conakry la Somalie et le Pakistan à prendre cette décision «radicale». Pour Madiambal Diagne, ce n’est pas une fierté en tant que citoyen car, estime-t-il, «les standards de démocratie, de respect de la personne humaine n’autorisent pas qu’on compte le Sénégal parmi les pays de cet acabit».
Pourtant, depuis le coup d’Etat, les autorités sénégalaises au niveau le plus élevé ont toujours assuré à l’administration du groupe Yavuz Selim que l’établissement ne serait jamais fermé. Que le Sénégal est un pays de droit, qu’il ne se laisserait pas dicter une position par un quelconque pays. Hélas ! L’Etat a finalement cédé aux pressions d’Ankara.
ndieng@lequotidien.sn

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