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Le dernier bilan du chavirement de pirogue qui s’est produit lundi passé à Bettenti s’est finalement établi à 21 morts et 51 rescapés. Une situation qui a plongé ce village insulaire de la commune de Toubacouta dans un état d’apocalypse.

Comme l’on s’y attendait, le bilan du chavirement d’une pirogue à Bettenti le lundi dernier s’est alourdi en passant de 17 morts sur le coup à 21. Toutes les victimes sont des femmes dont l’une d’entre elles était en état de grossesse. Laquelle avait succombé à ses blessures lors de son évacuation au centre de santé de Sokone avant-hier soir. Trois autres corps portés disparus ont été retrouvés hier dans la matinée. A ces 21 morts, il faut ajouter 51 rescapés qui ont également été enregistrés. Etreint par une douleur indicible, Abdou Diouf, père de Amy Collé Diouf, une des victimes, a accepté de se confier à nous par téléphone : «Hier (avant-hier) aux environs de 13 heures, j’ai fait mes ablutions et je me suis rendu vers le rivage. Quand je suis retourné à la maison pour la prière de 14 heures, la mère de ma fille Amy Collé m’a apporté le repas en me disant que c’est pour nous deux. De ce fait, je lui demandé où est-ce que Amy Collé était partie et elle m’a fait savoir qu’elle était partie cueillir des arches. Je lui ai rétorqué que je veux que les enfants s’occupent de leurs études plutôt que d’aller chercher des fruits de mer…» Il ajoute : «Vers 18 heures, je suis retourné me promener au niveau du rivage et là, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui couraient dans tous les sens. Lorsque je leur ai demandé ce qui se passait, elles m’ont fait savoir que c’est une pirogue qui a chaviré et qu’il y avait dedans quatre membres de ma famille, à savoir ma belle-sœur, Saly Sarr, ma deuxième épouse, Aïssatou Thiaré, mes deux filles Dialika et Amy Collé. Grâce à Dieu, les trois premières en sont sorties indemnes, mais Amy Collé y a laissé sa vie. Elle est la dernière victime dont le corps sans vie a été repêché aujourd’hui (hier) vers 13 heures et elle a été ensuite inhumée à 14 heures. Elle avait 12 ans et demi et était élève en classe de Ce2.» M. Diouf déplore les conditions dans lesquelles ces braves femmes avaient effectué leur voyage – sans retour pour certaines – en mer : «Les passagers ne portaient pas de gilet de sauvetage et la pirogue était surchargée parce qu’elle contenait 72 passagers à son bord alors que sa capacité est d’environ 40 personnes seulement.» Poursuivant son propos, il lance un appel aux autorités pour que pareille catastrophe ne se reproduise plus jamais : «Je souhaiterais que le gouvernement prenne des mesures draconiennes pour contraindre les gens qui vont en mer à porter obligatoirement le gilet de sauvetage et à ne pas surcharger les pirogues», préconise-t-il. Non sans jeter une pierre dans le jardin de ces autorités : «Les autorités doivent aussi penser à nous parce que nous faisons partie du Sénégal. Nous ne les voyons que lorsqu’un malheur comme celui-ci nous arrive ou lorsqu’elles ont besoin de nous», peste-t-il.
Moins de 24 heures après la survenue de cette catastrophe, le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, Oumar Guèye, en compagnie du gouverneur de Fatick, Souleymane Ciss, se sont rendus hier dans l’après-midi à Bettenti pour présenter aux familles éplorées les condoléances de la Nation. A cette occasion, ces autorités, après avoir remis aux familles endeuillées 10 millions de francs Cfa et 10 tonnes de riz en guise de soutien et de réconfort, ont beaucoup attiré l’attention de ces insulaires sur la nécessité absolue du port du gilet de sauvetage en mer et le danger que constitue la surcharge des pirogues.

dndong@lequotidien.sn

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