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Que dire de plus ? La brèche de Saint-Louis est un mouroir pour les pêcheurs. Trois y ont encore trouvé la mort dans la nuit du mercredi au jeudi. Pour l’instant, 7 sont portés disparus.

Maudite brèche. A Saint-Louis, les pêcheurs doivent prier au moment de l’emprunter pour rentrer chez eux. Dans la nuit du mercredi au jeudi, une pirogue a encore chaviré au niveau de la brèche, devenue le cimetière des Guet-Ndariens : Il y a 3 morts et 7 portés disparus. Alors que les personnes en vie se débattent pour s’en sortir au niveau de l’hôpital. Selon des témoins, la pirogue qui trans­portait des pêcheurs a chaviré en manœuvrant pour traverser la brèche, après une partie de pêche.
Après cet accident tragique, les pêcheurs sont à nouveau montés au créneau pour réclamer de meilleures conditions de travail et plus de sécurité. Macoumba Dièye, président de l’Union régionale des pêcheurs artisanaux de Saint-Louis, regrette les nombreuses pertes en vies humaines depuis l’ouverture de cette brèche en 2003. Il dit : «En un mois seulement, plus de 5 pêcheurs ont perdu la vie au niveau de la brèche qui a aussi provoqué des pertes en matériels estimées à plus de 130 millions. On invite le gouvernement à mieux surveiller et règlementer l’activité de pêche en mettant en place un dispositif de surveillance permettant de contraindre les pêcheurs à rester à quai si les conditions ne sont pas réunies pour garantir leur sécurité.» Que faire pour les contraindre ? «Le Président Macky Sall doit mettre à disposition des bateaux de surveillance, car cette situation ne peut pas continuer. Et on sollicite de lui la mise en place d’un dispositif de secours pour venir en aide rapidement aux pêcheurs en cas d’accident», insiste M. Dièye.
Plus de 280 pêcheurs ont péri au niveau de la brèche ouverte en 2003. Cette situation inquiète les acteurs du secteur qui ont plusieurs fois interpellé l’Etat pour son balisage et dragage afin de réduire les risques d’accidents provoqués souvent par l’ensablement du chenal de passage. Il y a quelques semaines, ils avaient d’ailleurs organisé une grande marche à Saint-Louis pour pousser le gouvernement à agir vite.
cndiongue@lequotidien.sn

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