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Tête de liste de la Coalition gagnante/Wattu senegaal du département de Mbacké, Serigne Cheikh Mbacké Bara Dolly Mbacké entend être le «digne successeur» de son père, Serigne Bara Dolly Mbacké, compagnon de Abdoulaye Wade. Avec son frère Cheikh Abdou, ils ont mené la vie dure à Benno bokk yaakaar en remportant les 5 sièges de Mbacké. Mais surtout, jure-t-il, «je ne rejoindrai jamais Macky Sall». Parce que, entre autres motivations, depuis 2012, l’opérateur économique dit n’avoir gagné «aucun marché».

Il n’a pas pu savourer sa victoire parce qu’arrêté avant la proclamation des résultats. Serigne Cheikh Mbacké Bara Dolly revient sur les clefs de son succès. «Cette victoire de la Coalition gagnante dans le département de Mbacké me va droit au cœur. Je suis très content d’avoir battu la coalition Benno bokk yaakaar avec tous les moyens colossaux qu’elle a investis ici. Je dois aussi dire que je suis très peiné de n’avoir pas accompli mon devoir civique le jour du scrutin parce que simplement j’ai été arrêté par la police suite au saccage de quelques bureaux de vote de Touba. Je n’ai été libéré que le lendemain. J’étais convaincu que j’allais battre à plate couture la mouvance présidentielle», a dit la tête de liste de la coalition dirigée par Abdoulaye Wade. En effet, rappelle-t-il, de 1998 à 2017, le Pds n’a jamais été battu dans la commune de Touba. «J’avais pris la décision de gagner dans les 548 bureaux de vote de Touba Mosquée. Il s’y ajoute qu’aux Locales de 2014, le Pds étant parti sous sa propre bannière, avait raflé la majorité des conseillers au niveau du Conseil départemental avec 68 élus. Là où Bby qui venait après n’en avait obtenu que 11, suivi de Bokk gis gis avec 10 conseillers», ajoute-t-il.

«Mon père a été élu député à deux reprises»
Sur ses débuts en politique, le cadet des Dolly confie : «Je peux dire que j’ai été bercé par la politique. J’ai très tôt attrapé le virus parce que mon père, Serigne Bara Dolly Mbacké, a été élu député à deux reprises. Il a été aussi sénateur. Quand mon père a décidé de prendre sa retraite politique en 2012, j’ai accéléré la cadence et lors des élections départementales de 2014, j’ai été investi et le Pds avait gagné la commune de Touba Mosquée.» Frustré du comportement des députés sortants, Cheikh Mbacké, toujours emmitouflé dans ses grands boubous, décline sa feuille de route. «Je serai le porte-parole du département de Mbacké qui, il faut l’avouer, a été le grand oublié de la 12ème Législature parce que les députés sortants qu’il avait élus se distinguaient plus dans les applaudissements que dans la défense des intérêts du département. Nous serons l’avocat défenseur», promet-il.

«Jamais je ne rejoindrai Macky Sall»
Interpellé sur le devenir de sa formation avec le départ massif de Libéraux, le député élu minimise. Il dit : «Le Pds se porte bien et cela, malgré la grande saignée qu’il a connue avec des responsables qui ont transhumé vers les prairies marrons. Ils pensaient qu’ils étaient indispensables et incontournables. Malheureusement, ces élections ont prouvé qu’ils n’étaient pas aussi représentatifs qu’ils ne le pensaient. Le Pds se régénère avec des militants convaincus.» Cheikh Mbacké Bara Dolly est presqu’un fils du Pds de par ses différentes et nombreuses responsabilités qui lui confèrent une influence sans mesure dans le département de Mbacké et dans la commune de Touba. Membre du  secrétariat  national et du comité directeur, coordonnateur du département de Mbacké, secrétaire national chargé des chefs religieux, des chefs coutumiers et des religions… Alors que les yeux sont rivés sur la Présidentielle de 2019 et donc, des alliances de toutes sortes, lui exclut toute éventuelle transhumance vers l’Apr. «Jamais je ne rejoindrai Macky Sall. Si je devais le faire, ce serait depuis longtemps parce qu’il a tout fait, lui et ses proches, pour que je le rejoigne», affirme-t-il.

«Depuis que Macky Sall est Président, je ne gagne plus de marchés»
Opérateur économique, ce quadra (il est âgé de 39 années) n’a qu’une seule et unique ambition : «Tout faire pour que Macky Sall perde l’élection présidentielle de 2019. C’est un challenge et je vais le relever inchallah.» Très remonté contre l’actuel chef de l’Etat, ce polygame (il est marié à trois épouses) explique les raisons de ce désamour. «Je suis opérateur économique, entrepreneur, mais depuis que Macky Sall est devenu Président, je ne gagne plus de marchés. Mon entreprise est presqu’à l’arrêt. Je suis producteur et comme tous les descendants de Serigne Touba, je possède un daara.» Pour ses détracteurs, il ne ferait pas le poids et le Pds gagnerait à trouver un leader plus charismatique. «Son seul mérite, si mérite il y a, c’est qu’il a gagné, mais avec l’apport de Wade. Sans l’implication du Pape du Sopi, il n’allait pas remporter cette élection», rapporte ce contempteur du député.
badiallo@lequotidien.sn

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