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Awa Marie Coll Seck.

Dans le cadre de l’accès des citoyens à la santé, les Etats ont encore des efforts à faire. Malgré ceux consentis, la plupart des dépenses médicales sont encore supportées par les ménages et les partenaires financiers et techniques.

Si les pays ont la volonté de faire de la santé une priorité pour tous, beaucoup d’entre eux traînent le pas pour une meilleure prise en charge des populations. C’est le cas du Sénégal. Selon Amadou Kanouté, directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev-Afrique) 41% des dépenses effectuées proviennent des ménages contre 37% consenties de l’Etat dans la prise en charge médicale. Il s’exprimait ainsi, hier, lors d’un atelier de restitution sur le «Financement et la pérennité de la santé et de la Cmu : validation de l’étude sur le cas du Sénégal». A travers cette recherche qui se déroule dans trois pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte d’Ivoire et Sénégal), cette organisation vise à sensibiliser et à influencer les gouvernements pour la Cou­verture maladie universelle. «Nous œuvrons à ce que la Société civile puisse être au cœur des mécanismes qui permettront le financement de la santé des populations dans la Cmu. Nous cherchons à regrouper le maximum d’organisations de la Société civile pour que la Cmu devienne une réalité durable. Leur implication dans le suivi de la mise en œuvre de ces nouvelles politiques est cruciale pour leur réalisation et pérennisation au profit des populations défavorisées», détaille M. Kanouté.
En tout cas, il faudra régler certaines questions préalables à l’atteinte de cet objectif. Quel est l’état de l’accès à la santé dans ces pays ? Quels sont les défis auxquels sont confrontés ces Etats pour garantir un développement pérenne de la santé ? Quels sont les mécanismes à mettre en place pour combler le gap pour l’accès des citoyens et des consommateurs à la santé ? «Depuis les indépendances, nos pays ont mis en place des programmes pour le financement agricole. Et tout dernièrement, une demande sociale a été faite dans laquelle découle l’insatisfaction des populations. Dans le cadre de la santé, il y a eu toutes les initiatives telles que la Santé pour tous, le Plan sésame, mais qui ont connu des insuccès», souligne le directeur exécutif de Cicodev-Afrique. Il lie ces échecs à trois failles que les Etats ont du mal à corriger. Il y a  d’abord les «impréparations» techniques et financières «qui font que les indigents sont éloignés des structures de santé», ensuite l’insécurité budgétaire des Etats qui fait que la volonté marquée par les gouvernements n’est pas traduite en termes budgétaires et enfin le manque d’implication de la Société civile dans toutes les «politiques sectorielles».   Tou­te­­fois dans les trois pays, le financement de la santé est généralement pris en charge par les ménages en majorité, par les partenaires techniques, financiers et l’Etat en dernière position. «Alors que la politique mise en place par les trois pays repose essentiellement sur la gratuité des prises en charge médicales depuis 2001, les chefs d’Etat de l’Union africaine se sont accordé à mettre 15% de leur budget dans la santé en 2015. Mais il n’y a que 8 pays qui ont honoré cet engagement. Nous allons continuer à mettre la pression pour que les Etats augmentent leur part du budget. Parce que la santé est centrale à toute politique de développement économique et social», insiste M. Kanouté.

Stagiaire

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