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Ces dernières années, des films d’animation ont occupé les premiers rangs du box-office. En Afrique de l’Ouest, la société de production Afrikatoon en est l’une des pionnières. De petites capsules drôles, Abel Kouamé, son créateur, produit désormais des longs métrages, des séries et développe une multitude de projets. Présent au Carthage Digital des Journées cinématographiques de Carthage (Jcc), Abel Kouamé affiche son optimisme pour l’avenir, même si le problème de la formation se pose avec acuité.

De plus en plus, le cinéma d’animation occupe une grande place sur la scène cinématographique mondiale. Le film de l’Iranienne Marjane Satrapi Persepolis, primé à Cannes 2007 et aux César 2008, le Roi Lion ou encore Le Tombeau des lucioles ou Adama, sont de gros succès au box-office, sélectionnés dans de prestigieux festivals. Cette année, ce genre est à l’honneur aux Journées cinématographiques de Carthage (Jcc) avec le Carthage Digital. Des acteurs du cinéma d’animation, de l’industrie digitale créative sont réunis dans un même espace au Palais de la culture. L’objectif pour les organisateurs, c’est de «favoriser la création d’un réseau dans le but de connecter les professionnels de l’industrie digitale et l’industrie du cinéma».
Parmi les exposants, Afri­katoon. L’un des premiers studios d’animation d’Afrique de l’Ouest présente déjà une expérience conséquente en la matière. Selon le Directeur général, Abel Kouamé, «il y a un réel potentiel pour ce secteur». La preuve, les grandes sociétés de production commencent déjà à lorgner sur le continent, notamment Netflix et World Disney. Mais aujourd’hui, Afrikatoon est bien connu par les amateurs grâce aux petites capsules intitulées «la blague du jour», que la société produit depuis quelques années et qui font le bonheur des amateurs.
Aujourd’hui, la société a déjà produit 5 longs métrages, deux séries de télé et d’autres projets sont en production. «Il y a beaucoup d’initiatives autour de ce segment qui se mettent en place. Il y a beaucoup d’acteurs, chaines de télévision qui commencent à s’intéresser à ce secteur. Il y a tout doucement un écosystème qui se met en place», souligne M. Kouamé. «Il y a un gros public qui suit régulièrement, qui consomme ces petites capsules. Pour les longs métrages, à chaque sortie, il y a un public. On a des familles qui viennent regarder les films, il y a des télévisions qui préachètent les films en développement. Donc, il y a un gros intérêt pour ce type de projet.»
Le film d’animation est un genre au potentiel encore inexploré sur le continent. «En général, le film d’animation est perçu comme un produit consommé par les enfants. Et les enfants n’ont pas de couleur de peau. C’est plus accessible. Nos films sont appréciés sur les 5 continents et font le tour des festivals. Cela montre qu’il y a un intérêt, une possibilité, à travers les films d’animation, de diffuser la culture africaine. L’intérêt du film d’animation, c’est qu’il peut aller partout», souligne M. Kouamé.
Réalisateur et producteur, M. Kouamé est illustrateur à la base. En l’absence d’école de formation, il s’est formé sur le tas et dans des sessions de formation un peu partout en Europe. «Notre principal problème, c’est la formation parce qu’il n’y a pas d’écoles de formation», indique M. Kouamé. S’y ajoutent les problèmes de financement.

mamewoury@lequotidien.sn

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