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Dans le film documentaire qui a été fait en son honneur, l’auteur de L’Aventure ambiguë parle de son œuvre et de la vie politique du pays à travers une interview. Ce prétexte, selon l’auteur, permet de donner de mieux connaître le patriarche qu’il souhaite faire découvrir aux élèves et étudiants en le diffusant dans toutes les régions du pays.

Pour donner force et crédit  sur sa vie, il n’y a pas mieux  que de faire son autobiographie.  C’est ce que l’écrivain Cheikh Hamidou Kane a fait dans le film  documentaire Kaw Cheikh Le Patriarche. Ce  documentaire de 52 minutes, présenté hier au public,  retrace la vie et l’œuvre de Cheikh Hamidou Kane à travers une interview de l’auteur avec le journaliste Mamoudou Ibra Kane. «Cheikh Hamidou Kane a livré sa part de vérité», estime ainsi Assane Dia, le chef de production et distribution  du film Kaw Cheikh, réalisé par Moe Sow.
Selon lui, «c’est un bon film». Après l’avoir visionné plus d’une vingtaine de fois, il  a toujours la même émotion, les mêmes sentiments, dit-il. «Ce film est un témoignage et c’est Cheikh Hamidou Kane lui-même qui parle de son œuvre.  C’est inédit», s’exclame-t-il. Dans le film, l’écrivain Cheikh Hamidou, en dehors de L’Aventure ambiguë, raconte les événements politiques de 1962. A la question du journaliste de savoir s’il était d’un camp ou l’autre. La réponse du patriarche est sans équivoque. «Je ne suis ni Diaiste ni Senghoriste.»
A propos de cette histoire politique qui avait émaillé la vie du pays en son temps, Cheikh Hamidou Kane dit avoir indiqué à l’ancien Président du Sénégal qu’il n’était pas  du tout d’accord avec la sanction infligée à Mamadou Dia. Pour lui, «il fallait seulement le faire sanctionner au lieu de le condamner. Car la seule erreur qu’il avait commise, c’était d’envoyer les Forces de l’ordre pour empêcher la tenue  de la réunion», rappelle l’écrivain dans le  documentaire.
L’auteur de L’aventure ambiguë a montré aussi dans ce film qu’il faisait partie de ceux qui étaient pour un régime présidentiel fort et non parlementaire. Mais, Senghor lui avait proposé le poste de vice-président qu’il avait décliné parce qu’il n’était pas d’accord avec la sanction faite à Mamadou Dia. Et pour l’éloigner afin qu’il ne puisse pas être présent au procès de Mamadou Dia, Senghor le nomme comme premier conseiller à l’ambassade du Sénégal à Monrovia. En fait, il serait passé par son père qui était à Thiès pour lui mettre la pression afin d’accepter cette offre, révèle «Kaw» dans le film. «Car c’est mon père qui m’appelle de Thiès pour  me dire que Senghor va  me nommer à un poste dans une ambassade, mais qu’il ne faudrait pas que je refuse d’y aller», rappelle-t-il.
Ainsi, après avoir suivi les conseils de son père, il accepta le poste et se rendit au Liberia. Mais c’est à la radio qu’il apprend, poursuit-il, que le procès débute au mois de mai. «Quand j’ai appris que Mamadou Dia a été jugé et lourdement condamné, j’ai écrit à Senghor pour lui signifier que je n’étais pas du tout d’accord avec cette condamnation, et que je quittais la Fonction publique», raconte-t-il.
Cependant, Cheikh Hamidou Kane dira dans ses confidences être resté trois mois à Monrovia. Et c’est durant ces trois mois,  qu’il a  commencé à écrire Les Gardiens du Temple. Mais le Président Léopold Sédar Senghor a  fait voler le premier manuscrit de cet ouvrage par l’ambassadeur du Sénégal, à l’époque, au Liberia. «Il a subtilisé le document qu’il a envoyé à Senghor pour savoir ce que j’avais écrit», accuse-t-il.
Après ces trois mois passés à Monrovia, Kane va avoir une opportunité à l’Unicef. Il devient directeur adjoint de l’Unicef avec un bureau à Lagos où il avait la charge de couvrir 28 pays d’Afrique. Mais avant de partir au Liberia, Cheikh Hamidou Kane dit qu’il était à Dakar. Il était dans le gouvernement de Dia en tant que  ministre et c’est lui qui a créé Pétrosen.
En fait, l’interview était aussi un prétexte pour l’écrivain de clarifier certaines zones d’ombre sur son ouvrage L’Aventure ambiguë. Selon lui, «Samba Diallo et Salif Ba incarnaient le même personnage». Et c’était lui. L’auteur du film, qui a magnifié aussi ce documentaire, a un projet qui consiste à diffuser le film en question dans les établissements scolaires et universitaires du pays. Il en appelle au soutien des bonnes volontés et des mécènes pour atteindre cet objectif.

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