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Ndingler a pris à bras-le-corps son problème foncier et tout le Peuple s’est indigné de l’injustice. Kiniabour comme un cobaye continue à subir les expériences dans les laboratoires du foncier. Et nous, soi-disant intellectuels, nous nous confondons en lamentations pour fustiger l’attitude de nos autorités locales qui semblent narguer la population.
Mais qu’avons-nous fait pour mériter le respect ??? Depuis deux mille quinze, l’autoroute avait englouti dans son emprise cinq cent huit parcelles dont les propriétaires sont de Kiniabour. Par la suite, la commune avait aménagé et toujours à Kiniabour, plus d’un millier de parcelles. Et pourtant, il nous a été notifié que les cinq cent huit parcelles seraient dédommagées à partir de ce lotissement.
Que nenni!!! Et rien jusqu’à présent. Ces parcelles seraient en train d’être vendues à des particuliers et mon Kiniabour reste muet. Jusqu’à quand devrons-nous nous plaindre ? Face à cette injustice, il faut plutôt réagir. Ce n’est pas en faisant les malheureux que nous aurons le soutien des autres. Population de Kiniabour, réveillons-nous et faisons face à l’oppresseur.
Au rythme où vont les choses, nous risquons d’être des étrangers sur nos propres terres.
Nous sommes en train de perdre au-delà de notre dignité, le temps et l’amour que nos parents ont investis en nous. Pourtant on ne brûle pas un arbre qui porte des fruits. Je choisis personnellement la rupture même si je dois mourir pauvre mais en gardant ma dignité. Ceux qui préfèrent attendre d’être acculés jusque dans l’extrême limite pour résister devront prendre leur mal en patience et continuer à envier la tranquillité d’esprit de cette bourgeoisie villageoise.
Quel temps court de réflexion pour engager ce combat décisif d’une vie!!! L’amorce de la révolution peut surgir de nulle part pour exprimer des aspirations profondes et faire retrouver une liberté nouvelle. Ne soyons pas égoïstes car les différends peuvent provoquer un choc bénéfique au développement d’une Nation. Nous n’appellerons jamais à une violence car contraire à la morale, mais nous ne cesserons jamais aussi d’appeler à une prise de conscience, car contraire à l’obligation de se taire.
Si la moue dédaigneuse de mes lèvres contraste avec la douceur des mots c’est parce que je ne souhaite pas m’insulter en insultant l’autre. Je connais les revers pourris de la vie mais j’essaie toujours de réprimer les mauvais penchants sans s’y appesantir.
Si à Kiniabour nous acceptons de suivre le rythme de cette société de consommation et de dégradation des mœurs, nous risquons d’être pervertis par un goût frénétique du luxe  jusque dans l’oubli de nos valeurs réelles. Agissons pendant qu’il est temps, ou nous mourrons dans la servitude.
Issa SENE
La plume de Kiniabour

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