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Le Président Macky Sall a voulu montrer son humilité face à l’expression des cultures et des civilisations des peuples du monde, exposée au musée des Arts premiers, mis en place il y a dix ans par le président français Jacques Chirac. En visite au Quai Branly, il a paraphé en présence du ministre de la Culture et de la communication, Mbagnick Ndiaye, de Hamady Bocoum, directeur général du Musée des civilisations noires et Stéphane Martin, président du Musée du Quai Branly, une convention de partenariat d’une durée de 5 ans entre les deux institutions.

(Envoyé Spécial à Paris) – «Il y a bel et bien eu des civilisations et des cultures qui méritent d’être partagées par le monde moderne. Cela nous montre l’humilité qu’il faut avoir sur la richesse des cultures de tous les peuples.» Ces propos en forme de pied de nez à ceux qui, comme Nicolas Sarkozy, un ancien dirigeant français, qui prétendaient que l’homme noir n’était pas entré assez tôt dans l’Histoire, ont été prononcés le lundi dernier par le président Macky Sall à l’issue de sa visite au Musée Jacques Chirac des Arts premiers, situé au Quai Branly à Paris. Le Président rendait ainsi hommage au travail de l’ancien Président français, parrain du musée qu’il a contribué à mettre en place, et qui renferme les œuvres des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, des Amériques et de l’Océanie, principalement. Le chef de l’Etat se félicitait également de ce que ce musée renfermait deux œuvres venues du Sénégal, à savoir, un mégalithe trouvé dans le Nioro, et datant d’il y a mille ans avant Jésus-Christ, ainsi qu’un masque diola datant du 18ème siècle.
«Essayer d’avoir avec tous les partenaires des collaborations formalisées et de sortir des formes artisanales, et placer les choses dans un cadre normatif ». L’objet de la visite, ainsi qu’expliqué par le directeur du prochain Musée des civilisations noires de Dakar, M. Hamady Bocoum, était de signer un partenariat entre ledit musée et celui du Quai Branly.  Ce partenariat précisera-t-il, permettra  de «fixer un cadre d’échanges pendant 5 ans, dans les domaines de l’organisation d’expositions communes, d’échanges d’expertises, de publications de documents collectifs ainsi que d’organisation de rencontres scientifiques, de la formation et de la conservation». M. Bocoum a insisté sur le fait que l’échange des œuvres, surtout dans le sens Nord-sud, n’était pas la priorité. «Nous posons un cadre général qui encadre notre collaboration et suivant les besoins et les opportunités, nous allons faire des conventions spécifiques.» L’intérêt de la convention pour le directeur du prochain Musée des civilisations noires de Dakar, était de faire bénéficier son musée à venir, de l’expérience du musée français : «Le musée du Quai Branly qui a fêté ses dix ans maintenant, a une immense collection, une forte expérience en termes de conservation, de médiation culturelle, et de recherche par rapport aux objets. Tout cela est important pour nous. Et nous allons échanger avec eux sur cela.»
Son institution ne part pas à ce rendez-vous les mains vides pour autant, assure-t-il : «Le musée des civilisations noires n’a pas une grande collection, mais c’est loin d’être un handicap, bien au contraire. C’est une opportunité pour nous de créer un musée de type nouveau. On ne cherche pas à rapatrier des objets, mais on met en place des opportunités d’échanger.» Et pour lui, de manière concrète, «ce que nous attendons, c’est profiter de la diversité des collections, pour argumenter de manière concluante sur les civilisations noires. Nous voulons construire un musée totalement dynamique qui intègre les préoccupations contemporaines».
mgueye@lequotidien.sn

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