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Selon le secrétaire exécutif de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), M. Mor Talla Kane, le secteur privé national a également bien profité de cette amélioration de l’environnement des affaires. Seulement, il prône une prise en compte de l’environnement local dans l’élaboration des indicateurs.

Ces sept dernières années, le Sénégal a gagné près de 35 places dans le classement Doing business de la Banque mondiale. Selon le secrétaire exécutif de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), M. Mor Talla Kane, le secteur privé national a également bien profité de l’amélioration de l’environnement des affaires. M. Kane qui s’exprimait hier à l’occasion de l’atelier de partage sur les Réformes du Doing business, organisé par l’Agence nationale de la promotion des investissements (Apix), indique que «l’amélioration de l’environnement des affaires profite à tout le monde». Il explique que même s’il existe des stratégies ciblées pour attirer les grandes entreprises, le Doing business s’intéresse à l’environnement global. «D’ailleurs, les critères s’adressent aux Petites et moyennes entreprises (Pme) et c’est justement pour éviter qu’on ne cible pas uniquement les grandes entreprises». Seulement, prévient M. Kane, des efforts doivent encore être faits dans la prise en compte de l’environnement local de nos pays. «Le Doing business n’épuise pas toutes les contraintes. Il s’intéresse en général à des indicateurs qui préoccupent les entreprises à travers le monde entier. Quand on parle de coûts de raccordement, c’est important, mais dans des pays comme les nôtres, c’est le coût de l’électricité, la disponibilité de l’électricité à moindre coût qui n’est pas prise en compte». Le secrétaire exécutif de la Cnes qui dirige le groupe de travail du Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi), portant sur les réformes administratives, estime qu’en tant que pays en voie de développement, «nous avons des réalités qui ont été déjà réglées par les grands pays. Si on se cale uniquement sur le Doing business sans l’adapter, sans ajouter nos propres indicateurs, nous risquons de régler des problèmes et de laisser intactes des préoccupations de fond», prévient-il.

Cadre de dialogue avec l’Administration
Dans le cadre de ces groupes de travail mis en place pour améliorer l’environnement des affaires, le secteur privé dialogue avec l’Administration et la société civile. «C’est un cadre de travail qui réunit la société civile, l’Administration et le secteur privé. Il y a des propositions que nous faisons, mais elles ne sont pas toujours adoptées par l’Administration. Mais cela permet d’avoir un consensus et d’échanger, d’avoir un dialogue et ça permet d’ouvrir d’autres perspectives de concertation.»
Parmi les réformes qui ont permis au Sénégal de gagner des places dans le classement figure le raccourcissement des délais de transfert de propriété. Selon M. Serigne Moussa Diop de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid), le délai pour effectuer cette formalité est passé de 120 à moins de 30 jours par l’instauration d’un dépôt unique tandis que le tarif baissait de 15 à 5%. Ces baisses s’accompagnent également d’une réduction de moitié du salaire du conservateur. En termes de perspective, M. Diop note l’informatisation complète de la chaîne de gestion foncière en 2020, mais à court terme, il s’agit de supprimer les droits de timbre pour les mutations d’immeuble. De la même façon, pour ce qui est des délais de raccordement à l’électricité, la mise en place d’un guichet unique a permis de réduire les délais de six mois à une semaine.
Même si le secteur privé a initié certaines de ces réformes et contribué à les porter, il en existe encore d’autres pour lesquelles il faudra continuer à discuter avec l’Administration, indique M. Kane. «Il est évident que les propositions que nous faisons ont un impact budgétaire et ces messieurs du ministère des Finances ne sont pas toujours enclins à les adopter parce qu’ils calculent l’impact budgétaire. On va aller vers des réformes de plus en plus difficiles. Et pour chacune, il y a des gagnants et des perdants», explique-t-il.
mamewoury@lequotidien.sn

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