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Près de deux mois après la 24ème conférence des parties (Cop 24) tenue à Katowice, en Pologne, le ministère de l’Environnement et du développement durable a procédé à la restitution de cet évènement mondial sur le changement climatique. Il a partagé et analysé le rapport de cette Cop 24 qui n’a pas été un tournant décisif pour l’Afrique.

La Cop 24, tenue en Pologne à Katowice, devait être un tournant décisif, notamment pour la mise en application de l’accord de Paris, signé en grande pompe en 2015. S’il est vrai que sur les 15 articles qui comptent cet accord les 14 ont été signés à l’unanimité par les Etats, l’article 6 qui consacre les mécanismes de marché si ardemment défendu par l’Afrique n’a pas été adopté par les pays développés. Pis, «l’ensemble des discussions qui portent sur cet article a été reporté pour la prochaine Cop qui aura lieu au Chili», rapporte El Hadji Mbaye Diagne, coordonnateur des négociations pour l’Afrique pour les mécanismes de marché et représentant du groupe des 77 et la Chine. Cela est compréhensible, tente-t-il d’expliquer, puisque «les enjeux économiques qui existent au sein de ce mécanisme de marché sont très importants». Par conséquent, note-t-il, «il a été très difficile d’accorder les positions des différentes parties prenantes, malgré les discussions très intenses que nous avons menées. Jusqu’au dernier jour, nous ne sommes pas arrivés à un accord final», regrette par ailleurs le représentant du Comité national du changement climatique.

Qu’entend-on par mécanismes de marché ? Quand un pays s’engage à réduire ses émissions, aussi bien le Protocole de Kyoto que l’Accord de Paris l’autorise à mener des actions dans un pays tiers et collecter les résultats de ces réductions d’émission dans son pays. Et «c’est ce transfert qui fait l’objet de transaction financière très importante où sont impliqués le secteur privé, les Etats, les collectivités et les Ong», explique El Hadji Mbaye Diagne. Poursuivant son propos, il ajoute que le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris ont même prévu trois mécanismes de marché. Il s’agit de la coopération concertée, de l’atténuation et du développement durable et enfin d’un mécanisme non fondé sur les marchés. «Des dispositions qui permettraient à l’Afrique devant cet immense marché qui sera ouvert de sau
vegarder ses intérêts et de saisir les opportunités», renseigne Madeine Sarr Diouf, chef de la Division changement climatique au ministère de l’Environnement et du développement durable. Un accord sur cet article 6 sera donc le prochain combat pour l’Afrique. Les experts espèrent que dans l’Accord de Paris, les préoccupations de l’Afrique qui n’avaient pas été suffisamment prises en compte, concernant les mécanismes de marché dans le Protocole de Kyoto, le seront plus. «Nous avons à cœur de poser sur la table nos préoccupations pour que celles-ci soient intégrées dès l’élaboration des règles et procédures parce qu’une fois que ces dernières sont adoptées, il est difficile ensuite de les changer», prévient M. Diagne

Un autre impair également à noter dans cette Cop 24, toujours autour de ces mécanismes de marché, est la création du Fonds de l’adaptation comme prévu par le Protocole de Kyoto. Celui-ci non plus n’a pas fait l’objet d’accord et sa création est reportée à la prochaine Cop. Toutefois, les parties sont parvenues à surmonter les divisions et se sont mises d’accord sur des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

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