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L’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le climat de Paris est un camouflet pour l’ensemble de la communauté internationale, mais aux Etats-Unis cette décision représente une victoire pour le camp des climato-sceptiques proches de Donald Trump. Une victoire principalement pour une figure de l’Administration Trump, le conseiller Steve Bannon, considéré par beaucoup comme l’éminence grise du Président américain.

Donald Trump a expliqué qu’il avait été élu pour défendre les Américains et l’emploi aux Etats-Unis. C’est certainement l’argument qui a été employé par Steve Bannon ces dernières semaines pour convaincre le Président américain. C’était une promesse de campagne. Or Steve Ba­nnon est l’artisan de la victoire de Donald Trump. Et selon lui, si Donald Trump ne respectait pas cet engagement, il aurait perdu le soutien de sa base électorale.
La décision de sortir de l’accord de Paris représente une revanche pour celui qui a été récemment évincé du Conseil de sécurité national et qui n’est pas apprécié par une majorité des élus républicains.

Camouflet pour Ivanka Trump
Il faut aussi préciser une chose et beaucoup d’experts le confirment : cette promesse de campagne est la seule que Donald Trump puisse vraiment tenir, car pour ce qui est de la réforme fiscale, de la réforme de la santé, c’est le Congrès qui aura le dernier mot.
C’est également le cas pour le fameux mur à la frontière mexicaine. Donald Trump était en train de chuter dans les sondages auprès de sa base électorale. Avec cette annonce, il renoue avec ses électeurs.
Cette décision est donc bien une victoire du camp Bannon et un camouflet par ceux qui défendaient cet accord, notamment de la fille du Président, Ivanka, qui aura tenté jusqu’au dernier moment d’inverser la tendance.

Analyse
«L’Amérique d’abord», ce slogan de campagne de Donald Trump prend une tout autre dimension après l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, car il est désormais clair qu’aux yeux de la Maison Blanche, l’électorat de Donald Trump compte plus que les autres électeurs américains ou le reste de l’humanité, quitte à être isolés sur la scène internationale.
Cette décision s’inscrit dans une logique clairement exprimée depuis des mois. Celle de mettre un terme à tous traités ou accords qui ne soient pas bénéfiques pour l’Amérique, selon la Maison Blanche. En préambule à cette sortie annoncée de l’accord de Paris, Donald Trump avait jeté aux oubliettes le Tpp, l’Accord de partenariat trans pacifique, tout comme il est parvenu à forcer le Canada et le Mexique à accepter une renégociation de l’Alena, l’accord de libre-échange américain. Deux décisions qui démontrent que le discours de campagne du candidat républicain aurait dû être pris au sérieux. Donald Trump dont la cote de popularité est en baisse devait rassurer sa base électorale. Avec cette annonce, il renoue avec ses électeurs qui ont fait pencher la balance en sa faveur le soir des élections. Un électorat blanc, non diplômé, situé majoritairement dans des Etats en décadence industrielle et qui rêve de l’Amérique du 20e siècle. Sauf que depuis, le monde a changé et un retour en arrière pourrait désormais être synonyme de condamnation pour toute la planète.
Rfi

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