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Le Sénégal tient un atelier de préparation de la 24ème Conférence des parties sur les changements climatiques (Cop 24) qui va se tenir à Katowice, en Pologne. Le ministère de l’Environ­nement et la délégation sénégalaise échangent sur les enjeux et défis de cette conférence, mais aussi sur l’organisation de la délégation pour une participation réussie du Sénégal.

La délégation sénégalaise se prépare à la Cop 24. Elle se tiendra à Katowice, en Pologne, et sera très difficile à appréhender à cause du contexte mondial marqué par l’émergence des climato-septiques. Certains observateurs qualifient déjà la Cop 24 de Cop 21 bis, car il s’agira pour cette rencontre d’envergure sur les changements climatiques de finaliser les règles de l’accord de Paris. Or, «qui dit règles dit beaucoup de négociations juridiques. Chaque pays doit défendre ses intérêts», informe Madeleine Sarr de la Direction de l’environnement et des établissements classés (Deec) et de la Division changements climatiques. Des pays puissants comme les Etats-Unis, principaux pollueurs de la planète, ne sont pas convaincus des effets néfastes du réchauffement climatique alors qu’ils pouvaient faire avancer les négociations plus facilement. Malgré toutes ces difficultés, «il faut arriver à un consensus», pense Madeleine Sarr. Et quelles seront les attentes du Sénégal de ce rendez-vous où très souvent des pays comme le nôtre ont du mal à se faire attendre ? Madeleine Sarr soutient que c’est l’Afrique qui va parler. Et d’après la spécialiste du changement climatique, elle défendra les spécificités de nos pays. «Des pays sous-développés et les moins avancés de la planète, mais qui sont prêts à lutter contre le réchauffement climatique, car c’est le devenir de nos pays», fait-elle remarquer. Pour ce faire, indique Mme Sarr, l’Afrique va mettre l’accent sur l’accompagnement. «C’est ce que nous avions retenu d’ailleurs de l’accord de Paris», précise-t-elle. Pour la délégation sénégalaise, il est certes nécessaire de travailler sur les règles de Paris, mais il est aussi important de régler la question du financement. Et pour ça, «il faut que nous soyons très fermes», prévient Mme Sarr. A ce propos, l’Afrique attend le leadership des pays développés pour accompagner les pays à faire face aux impacts négatifs du changement climatique.
Pendant ce temps, d’après le dernier rapport du Groupe des experts sur le climat (Giec) de l’Onu, la planète se porte au plus mal. D’ailleurs, le Giec avait recommandé aux Etats de réduire de 1,5 degré les émissions pour espérer amoindrir les effets néfastes du changement climatique. L’Afrique est certes le continent le moins pollueur, mais elle ressent le plus les effets de la pollution qui est déjà à plus d’un, voire 1,2 degré d’augmentation de température. «Les impacts de ce réchauffement sont visibles partout. De plus en plus, l’on assiste à des catastrophes naturelles intenses et très négatives sur nos économies, sur la vie de nos populations», constate Me Sarr. Le directeur de Cabinet du ministère de l’Environnement appuie ses propos en citant les évènements survenus récemment à Saint-Louis, notamment cette houle dangereuse qui a fait chuter plusieurs maisons de la Langue de Barbarie. De l’avis de Mme Sarr, l’Afrique compte utiliser ce rapport pour demander aux pays développés de faire plus et mieux et ainsi revoir l’ambition des 1,5 degré, car celle-ci ne permet pas d’atteindre les 2 degrés d’ici à 2050.
Au-delà de sa participation aux négociations, le Sénégal va aussi animer un stand. Une occasion pour notre pays de faire connaître les efforts qu’il mène en matière de lutte contre le changement climatique et à travers cela montrer les investissements faits dans ce domaine.
ndieng@lequotidien.sn

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