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Les rideaux sont tombés sur l’édition 2017 du festival Image et vie. Mercredi soir à l’Institut français de Dakar, plusieurs prix ont été décernés notamment dans les catégories : court métrage, documentaire et meilleur interprète. Quant au prix spécial Image et vie, il a été attribué cette année au chef de l’Etat, le président Macky Sall, pour son apport au rayonnement du cinéma sénégalais et partant de la Culture.

Deux films ont été primés parmi les 19 qui étaient retenus en compétition officielle pour la 17ème édition du festival Image et vie. Le voyage de «Keltoum» de l’Algérien Anis Djaad est primé dans la catégorie court métrage, «parce que l’histoire de la femme» a touché tous les membres du jury de cette compétition. Dans la catégorie des films documentaires, Songo de Khady Diédhiou a été retenu comme meilleur film parce que le personnage principal Songo est «singulier, captivant et fascinant». «L’on le prendrait pour un fou même s’il ne l’est pas», commente un membre du jury alors que la réalisatrice le qualifie d’être «à moitié fou, moitié génie». Outre les films qui ont été récompensés, le prix de la meilleure interprétation a été remporté par une Rwandaise, Fabiola Gnoukuboyau, qui a interprété le rôle de «Elikia» dans le film de Clémentine Douzazimboo. Et pour clore cette cérémonie de distinctions, le Prix spécial a été attribué au Président Macky Sall.
Ce prix spécial «Image et vie» est remis chaque année à une structure ou une personnalité pour son action déterminante dans le développement du cinéma sénégalais, africain et de la culture. Ce prix est donc attribué au président de la République, Macky Sall, pour «son engagement au service du cinéma Sénégalais». «Pour avoir donné les moyens à de jeunes réalisateurs afin qu’ils puissent s’investir dans le domaine du cinéma, de la formation des jeunes dans les métiers du cinéma et les structures d’accueil et de culture du cinéma et leur permettre une remise à niveau, nous lui avons décerné ce prix», ont justifié les organisateurs.

«Wallay», une belle fermeture de fenêtre
Pour clôturer cette soirée de remise des prix de l’édition 2017 du festival Image et vie, le film Wallay de Berni Goldblat a été projeté. «Wallay, le bled», ce sont les tous premiers mots du personnage principal. Ady a 13 ans et n’écoute plus son père qui l’élève seul. Ce dernier, à bout de ressources, décide de le confier à son oncle Amadou le temps d’un été. L’oncle Amadou et sa famille habitent de l’autre côté de la Méditerranée… au Burkina Faso ! Là-bas, à 13 ans, on se doit de devenir un homme mais Ady, persuadé de partir en vacances, ne l’entend pas de cette oreille… Le jeune franco-burkinabè, de retour sur sa terre d’origine pour se ressourcer, fait face à son oncle, un pêcheur très rigoureux, tout le contraire de sa femme (la tante de Adi), pour l’initier et lui montrer la voie. Celui-ci n’a pourtant pas pu lui enseigner grand-chose, parce qu’il faisait usage de la manière forte et ne s’exprimait qu’en dioula. Un climat tendu s’est installé entre l’oncle qui qualifie son neuve de «voleur, menteur»… Et comme si un malheur n’arrivait jamais seul, il découvre que le petit Adi était «bilacoro» c’est-à-dire qu’il n’était pas circoncis. Les conflits s’enchaînent au fil des minutes et c’est finalement chez sa grand-mère que Adi aura le salut et pourra recevoir son initiation.

Berni Goldblat sur son film
Dès leur première rencontre, la grand-mère a manifesté toute son affection envers son «petit mari» comme elle l’appelait, l’invitant à se coucher là où se couchait le père du jeune Adi. Et, comme une renaissance,  le petit, qui au départ ne parlait que de vouloir retourner chez lui (en France), finit par savourer son séjour parmi les siens. Il finira même par secourir son oncle qui se noyait alors qu’ils pêchaient ensemble. Ce rebondissement de l’histoire créa une nouvelle dynamique entre les deux protagonistes qui au départ ne se pifaient pas. Finalement, l’oncle, couché sur son lit de convalescence, finira par dire à son neveu en lui tendant la main : «Tu diras à ton père qu’il peut être fier de toi.» Wallay selon la critique, est en définitive «un récit initiatique aussi inoffensif qu’attachant, de ce genre de petit film que l’on veut aimer au-delà de leurs défauts évidents, en partie balayés par une sincérité que l’on prend très vite en affection».
Au terme de la projection, Berni Goldblat, le réalisateur du film Wallay s’est prononcé expliquant que «l’acteur principal est franco-malien et que ce n’était pas sa vie qui a été racontée». «C’est juste un rôle qu’il a bien incarné», a-t-il dit, mentionnant que c’est sa première expérience au cinéma. C’est donc pour lui «un voyage initiatique dans le cinéma». Celle qui a joué le rôle de grand-mère dans le film, pour le réalisateur de Wallay, incarne cette origine que le jeune garçon ignore.  La grand-mère est vieille et Adi est un petit garçon, elle ne parle pas français, le jeune ne comprend pas dioula. Mais elle a su lui transmettre un amour en majuscule et le jeune ne peut que l’accepter. Et c’est à travers elle qu’il accepte finalement de changer», a aussi analysé Berni Goldblat. Profitant finalement de la tribune qui lui est offerte pour montrer aux cinéphiles cette belle histoire que raconte son film, il a enfin appelé «les africains installés en Occident à transmettre leur langue et culture à leur progéniture».

Stagiaire

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