PARTAGER

Le fonctionnement des mutuelles de santé est à revoir. Les nombreuses insuffisances notées au sein des Commissions de contrôle de celles-ci poussent à adopter une telle posture à la suite des révélations faites par Dr Bocar Mamadou Daff, Dg de l’Acmu, au cours d’un atelier de partage.

L’Agence nationale de la Couverture maladie universelle (Acmu), pour garantir l’accès de la population à des soins de santé de qualité et à moindre coût, a appuyé la mise en place des mutuelles de santé. Ainsi, sur 676 mutuelles communautaires, des mutuelles d’envergure ont été mises en place dans toutes les communes du Sénégal. Mais, à en croire le patron de l’agence, il y a beaucoup de choses à revoir dans le fonctionnement des mutuelles. Docteur Bocar Mamadou Daff, Directeur général de l’Acmu, en est ainsi arrivé au constat suivant : «Malgré les renforcements de capacités en gestion administrative et financière, les résultats des missions de supervision des mutuelles de santé ont montré des insuffisances dans le fonctionnement des Commissions de contrôle. Celles-ci sont liées essentiellement à l’absence d’un outil harmonisé de contrôle sur lequel ces dernières devraient se baser pour effectuer les tâches qui leur sont dévolues. Dès lors, ces organisations mutualistes, devant se conformer aux règles de transparence et de bonne gouvernance, ont besoin d’un guide, en rapport avec les procédures de gestion adaptées à leur situation.» Ce qui fait que l’objectif général de l’atelier organisé à cet effet était de procéder au partage du guide de contrôle administratif et financier des organisations mutualistes à l’échelle nationale.
Dr Daff rappelle que, «conformément aux dispositions du règlement Uemoa, portant réglementation de la mutualité sociale, l’Agence de la Cmu a élaboré un manuel de procédures de gestion des mutuelles de santé. Mais aujourd’hui, avec la restructuration de l’Agence de la Cmu, la mise en œuvre de certaines initiatives au niveau des mutuelles de santé, notamment la Cmu/Elève et la Cmu/Daara, ce document a été révisé par nos services».
Compte tenu de tout ceci, le Dg de l’Acmu affirme que «le contrôle administratif et financier des organisations mutualistes est une nécessité et non une obligation. Et, c’est tout le sens qu’il faut donner à l’organisation de cette activité».
Mamadou Racine Senghor, Secrétaire général de l’Acmu, abonde dans le même sens, «l’agence de la Cmu est l’organe administratif de régulation des organisations mutualistes. Alors, il a besoin d’avoir un outil, un guide de contrôle des organisations mutualistes et c’est tout le sens de l’atelier d’aujourd’hui». Il souligne qu’«au niveau de l’Agence de la Cmu, il existe un manuel de procédures de contrôle des organisations mutualistes. Mais, il y avait quelques dysfonctionnements au niveau du contrôle des commissions qui se situent au niveau des mutuelles de santé. Donc, c’est pour renforcer la capacité de ces commissions de santé, que l’on a développé et élaborer ce guide».
M. Senghor a affirmé aussi qu’«un défaut de contrôle peut impacter véritablement la bonne fonctionnalité des mutuelles de santé. Parce que ce sont les commissions de contrôle qui sont chargées de superviser la gouvernance des mutuelles de santé. Alors, il est important de se doter des outils efficaces et très harmonisés qui leur permettront de bien contrôler les mutuelles de santé pour, enfin, qu’elles puissent exercer convenablement leur mission».
Il ajoute que, «sur les paramètres d’élaboration, une equipe restreinte a été mise en place pour travailler sur le guide et partager avec l’ensemble des acteurs, notamment des organisations mutualistes. Et ceci, sera un travail inclusif qui se fera en parfaite intelligence avec les commissions pour renforcer les contrôles qui se font au niveau des mutuelles de santé».
El Hadji Bassirou Dia, premier vice-président de l’Union nationale des mutuelles de santé communautaire, admet que «ces mutuelles se portent tant bien que mal. On a fait une évaluation interne qui nous a permis de voir nos points forts et nos points faibles et le besoin de les corriger. C’est tout le sens que l’on a donné à cette évaluation d’aujourd’hui. Maintenant, il ressort de l’évaluation du taux de fonctionnalité, des commissions techniques qui n’ont pas atteint leurs objectifs. Et, c’est la raison pour laquelle l’agence et ses partenaires financiers ont essayé d’élaborer un outil harmonisé pour le contrôle des mutuelles de santé qui est un secteur extrêmement important dans cette organisation».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here