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Le Sénégal a officiellement lancé son plan de rattrapage pour l’accélération des trois «90» en 2020. Estimé à près de 12 milliards et inscrit dans une dynamique régionale, il a pour objectif de combler le gap noté dans la mise en œuvre du plan d’accélération et d’atteinte des objectifs et ainsi d’inverser la tendance de l’épidémie.

Le Sénégal a lancé son plan de rattrapage pour accélérer la réponse contre le Vih/Sida. Ce plan d’un montant de près de 12 milliards de francs Cfa vise un objectif intermédiaire à atteindre en 2020 avant le rendez-vous de 2030, qui souhaite mettre fin à l’épidémie du Vih. Il s’agira pour les acteurs de la riposte de mettre en œuvre la stratégie des trois «90», c’est-à-dire faire en sorte que 90% des personnes vivant avec le Vih/Sida connaissent leur sérologie. Ensuite, mettre 90% des personnes dépistées séropositives sous traitement antirétroviral et enfin maintenir 90% des personnes sous traitement Arv de sorte que la charge virale soit indétectable. Pourtant, cette stratégie a été déjà mise en œuvre par le Sénégal. Alors, pourquoi un plan de rattrapage ? D’abord, indique Dr Safiétou Thiam, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), parce que notre région, l’Afrique de l’Ouest et du Centre, est à la traîne par rapport à l’Afrique de l’Est et du Sud. Il y a aussi le fait que notre pays, malgré les efforts et succès enregistrés dans la lutte, éprouve des difficultés dans la mise en œuvre des trois «90». Le pays connaît un retard dans le dépistage. «Seules 36% des personnes vivant avec le Vih sont dépistés», informe Pr Cheikh Tidiane Ndour, chef de la Division de lutte contre le Sida. Les acteurs de la lutte ont également noté un accès aux soins assez difficile surtout chez les personnes vulnérables et les populations clés. «28% sont mis sous Arv», soutient le chef de la Division Sida qui ajoute à cela que seuls 12% des patients ont une charge virale indétectable. Si on ne fait rien, notre pays risque de connaître de nouvelles infections et de nombreux décès liés au Vih, mais aussi plusieurs milliards de dollars vont encore servir à la lutte.
Des raisons plus que suffisantes pour mettre en œuvre ce plan de rattrapage qui, selon elle, comporte 11 interventions prioritaires allant du code réglementaire à la disponibilité de tous les intrants de la lutte. Il faudra, selon la secrétaire exécutive du Cnls, supprimer les barrières sociales qui empêchent les femmes, les hommes et les enfants d’accéder aux soins. Rokhaya Nguër, présidente du Conseil d’administration de l’Ancs et représentante de la société civile à cette rencontre, invite les acteurs de la riposte à sortir des chantiers battus. Elle plaide pour des stratégies innovantes comme le dépistage communautaire, le dépistage démédicalisé, entre autres. Pour elle, ce plan est ambitieux et réaliste. Avec l’implication de tous les acteurs, soutient le ministre de la Santé et de l’action sociale, ce plan va concrétiser le compte à rebours de l’élimination de cette pandémie. Il faut dire que ce plan de rattrapage pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a été adopté par les présidents de l’Union africaine.
ndieng@lequotidien.sn

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