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L’Association des retraités et vétérans de la Cnts a organisé hier son Assemblée générale pour partager les souffrances et les attentes de ses membres.

A l’hôtel de ville de Pikine, les retraités ont étalé leur mal-être. En Assemblée générale hier, l’Association nationale des retraités et vétérans de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), regroupant 105 organisations à travers tout le pays, ne s’est pas embarrassée de partager publiquement les souffrances de ses membres, devant Mody Guiro, qui a présidé leur rencontre d’hier à Pikine. C’était à la fois émouvant et triste. Aliou Guèye, président de cette structure, se désole de la chute des revenus des retraités : «Imaginer quelqu’un qui touchait 800 mille francs par mois et qui aujourd’hui se retrouve avec moins de 100 mille francs. Et beaucoup parmi nous-mêmes après la retraite continuent à entretenir la famille.» C’est la précarité évidemment. En poursuivant le président Aliou Guèye regrette que les retraités ne soient pas au cœur des programmes des candidats : «A la vieille de la Présidentielle, il n’y a aucun parmi ces candidats qui a dans son programme un projet pour les vieux retraités. C’est l’oubli total. Le retraité au Sénégal, c’est la mort lente. L’expérience est là, parmi nous il y a des personnes capables de former ou d’encadrer les jeunes. D’ailleurs, nous interpellons l’Etat à revoir notre situation parce que nous sommes fatigués. On n’exige pas d’emplois parce qu’il y a les jeunes qui sont là et qui peuvent faire le travail que nous faisions. Mais juste nous aider dans nos projets», lance M. Guèye, très conscient des enjeux et de la situation de ses camarades.
Dans la salle de délibérations de l’Hôtel de ville de Pikine, la détresse est réelle. Ce sont des vieux retraités désespérés, cœurs meurtris, qui ont exposé les difficultés de survie avec une «pension misérable», qui a connu néanmoins une légère hausse continue ces dernières années. En écho, Mody Guiro, Secrétaire général de la Cnts, qui a écouté religieusement ses camardes, essaie de les rassurer en les suggérant de s’occuper : «Je suis très content de cette rencontre, et je dois vous dire que c’est en s’organisant que vous pouvez faire beaucoup de choses. Ce qui est mauvais, c’est une fois après la retraite se plaindre chaque jour de douleur ou se rendre au grand-place pour une partie de jeu. Comme l’a soutenu un de vos camarades, il faut faire de cette structure quelque chose de concret. Et pour cela je vais y adhérer pour qu’ensemble nous trouvions des voies et moyens pour régler ce problème.» En outre, le responsable de la Cnts déplore la maltraitance des retraités au niveau des guichets. Il dit : «Il y a des jeunes qui ne respectent pas les vieux. Souvent il leur manque de respect au niveau des guichets, ce qui n’est pas normal. Il ne faut pas se laisser faire. Si un jeune vous manque de respect, saisissez son supérieur, faites un rapport immédiatement sur cette personne.»
latifmansaray@lequotidien.sn

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