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Dans notre pays, plus de 20% des dons de sang se font dans des situations d’urgence. Cela est dû au fait que le Sénégal ne dispose pas pour le moment, d’un stock de sang suffisant pour faire face à la demande lorsqu’il y a des catastrophes comme les accidents de la circulation ou encore des accouchements avec saignement. Une situation qui retarde et complique la prise en charge.

Au Sénégal,  plus de 20% des dons de sang se font dans des situations d’urgence. Une révélation du professeur Saliou Diop, directeur du Centre national de transfusion sanguine. Il faisait face à la presse hier en prélude à la Journée mondiale du don de sang célébrée ce mercredi. Par situation d’urgence, il faut comprendre  principalement la survenue d’accidents de la circulation, aussi les accouchements quand la femme perd beaucoup de sang. Donner du sang dans ces conditions s’avère compliqué, selon professeur Diop, et impacte la vie et la santé des personnes. «Dans ces moments, ce sont les familles qui se mettent à chercher des donneurs pour sauver leurs proches et du coup, les conditions idéales pour une bonne prise en charge du patient ne sont pas réunies», indique-t-il.
Les situations d’urgence font augmenter la demande de transfusion sanguine. Or, il n’y a pas une disponibilité du stock en sang. «Le don de sang en 2016, c’est 86 mille dons», rapporte M. Diop. Au même moment, les besoins sont estimés à 140 mille dons, d’après les chiffres du directeur du Cnts. Même s’il enregistre ces dix dernières années, une augmentation régulière de dons de 13% en moyenne par an, le Sénégal est encore loin des normes établies par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Le Sénégal est à 6,1 dons pour 1000 habitants alors que la norme est de 10 dons pour 1000 habitants. «Si nous continuons à ce rythme, nous n’atteindrons les normes en termes de dons de sang que d’ici 8 ans», prévient M. Diop, qui rappelle ainsi la responsabilité de chaque citoyen à donner de son sang de façon régulière pour assurer la disponibilité du stock. Ce, dans le but de faire face aux situations d’urgence qui pourraient se présenter et d’alléger le stress des familles des patients ou victimes.
La journée mondiale est un temps fort pour remobiliser les populations autour de la nécessité de donner du sang. D’où le thème de cette année : «Donner du sang. Donner maintenant. Donner souvent.» Mais donner du sang n’est pas le seul défi auquel le centre est confronté. Au-delà de la disponibilité, il y a le souci de la sécurité. Le sang, qui est donné et traité, préparé doit comporter zéro risque, selon les explications du directeur du centre. Le professeur révèle que chaque année, 12% des poches de sang sont détruits pour cause d’infection notamment le virus des hépatites B, C et dans une moindre mesure le Vih et la syphilis.
Le Cnts met ainsi l’accent sur l’activité dans les régions. Les autorités veulent faire en sorte que l’activité transfusionnelle soit de la même qualité partout dans le pays. La journée mondiale célébrée aujourd’hui sera l’occasion pour le centre de valider le plan stratégique 2017-2021. «Un plan qui insiste beaucoup sur la qualité et le niveau du don de sang dans les régions», note-t-il. Il est prévu à cet effet, la construction de 4 nouveaux centres régionaux de transfusion sanguine avec un plateau technique de qualité pour «permettre à ce que dans les régions qu’il  y ait tous les types de produits sanguins et quel que soit le lieu, le produit sanguin de qualité puisse être présent», assure Saliou Diop.
Il faut dire jusque-là, il n’y pas de centres régionaux de transfusion sanguine fonctionnelle. Il n’existe que des postes de transfusion dans les hôpitaux régionaux qui sont au nombre de 23 structures.
ndieng@lequotidien.sn  

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