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Un colloque international sur les «Subjectivités urbaines en Afrique» a été organisé par le département des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar les 7 et 8 novembre derniers. Au deuxième jour de ces assises, un panel intitulé : «Identités Urbaines : Visages, corps, discours» a réuni différents universitaires.

Pendant deux jours, des sommités du monde académique se sont réunies à Dakar à l’initiative de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop. Ce colloque sur «Subjectivités urbaines en Afrique» a permis de discuter un certain nombre d’aspects liés au fait urbain. Professeur à l’Université Houphouët Boigny d’Abidjan, le Pr Adama Samaké s’est prononcé sur l’afropolitanisme en tant que théorie du sujet. Dans son intervention, il a fait l’historique du mot. Ensuite, il a montré comment l’afropolitanisme conçoit le sujet africain avant de donner, en tant qu’universitaire, son point de vue, sur ce concept. En faisant une lecture rétrospective du mot, le panéliste a souligné que la notion d’afropolitanisme a été créée par Taiye Selasi, une ghanéenne de père et nigériane de mère. Elle est née à Londres et a fait ses études aux Etats-Unis. Taiye Sélasi vit entre Rome, Berlin, New Delhi, et se dit citoyenne du monde et parle au nom de la Diaspora africaine.  Mais Achille Mbembe, l’un des grands théoriciens de ce concept, a, selon M. Samake, repris le mot de cette dame. «Et, en reprenant le mot, il déclare que ce que Taiye Sélasi a dit est juste. Qu’on ne peut plus parler de retour aux origines, mais il faut plutôt s’ouvrir», dit Pr Samaké. C’est un appel au métissage vrai, à la théorisation, à une société homogène. Et cela veut dire, pour Achille Mbembe, que le monde africain ne peut évoluer en se focalisant sur son passé. C’est ce que je lui reproche le Pr Adama Samake qui estime qu’on ne peut pas faire table rase du passé. En outre, Pr Samake considère le concept d’afropolitanisme comme «idéaliste». Pour lui,  «l’histoire de l’humanité se fonde sur la différence (par opposition à homogénéité)».
Un éloge de la fadeur
Cyprien Bodo, venu aussi de l’Université Houphouët Boigny, a partagé sa sensation littéraire selon laquelle le texte de Diégou Baily (La traversé du Guerrier) se donne à lire comme  «un éloge de la fadeur» (François Julien). Et le panéliste présente la fadeur comme un outil de maitre de l’espace crisogène, celui des paradoxes. L’exemple du Zigrap a été donné. Une fadeur de tonalité où les jeunes diffusent leur pensée politique dans la retenue avec un rendu minimaliste comme celui du Haïku japonais. La fadeur se pose ainsi comme une tentative profonde de construction d’une subjectivité urbaine du vivre-ensemble.
Carina-Juliana Stickel vient de l’Université de Tübingen. Elle a été invitée à parler de «La ville, espace de répression, espace de mouvement» à travers La ville dans les écailles du ciel de Tierno Monénembo. Dans une première partie, Mme Stickel a parlé des subjectivités de la ville en tant qu’espace de pression. Et elle l’a fait en montrant à travers des citations, l’arrivée de Samba (personnage) dans la cité, la tripartition de la ville coloniale, les divers types de subjectivités qui existent. La conférencière a relevé aussi dans certaines citations qu’il y a une sorte de personnification de la ville. Laquelle a la responsabilité de garder les choses. Dans la deuxième partie, Mme Stickel présente la ville en tant que mouvement. Car, selon elle, malgré la répression (des dirigeants), il y a toujours des possibilités. «Les marginaux ont une aptitude d’aspirer à un pouvoir.» La panéliste relève le rôle des organismes politiques. C’est le cas du parti indépendantiste qui arrive à mobiliser des masses pour renverser le régime colonial. Enfin, elle est rentrée dans la transformation de l’espace commun. Et dans plusieurs endroits cités, Mme Stickel a évoqué la question du rôle des syndicats mais qui n’arrivent pas à réaliser les espoirs qui étaient liés à l’indépendance.
Stagiaire

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