PARTAGER

L’institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao), en partenariat avec le Conseil national de régulation de l’audiovisuel du Sénégal (Cnra), organise depuis hier à Saly,  un colloque régional sur le thème : «Bâtir et réguler ensemble un environnement médiatique ouest africain inclusif du genre.»

Les médias maltraitent les femmes de plusieurs manières. C’est la conviction de la directrice de l’institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao). Selon Diana Senghor, qui intervenait à l’ouverture hier à Saly du colloque régional sur le thème : «Bâtir et réguler ensemble un environnement médiatique ouest africain inclusif du genre», une telle  rencontre vise à réfléchir et faire des propositions sur comment réguler les médias de manière à ce qu’ils accordent la place qui leur revient aux contenus relatifs au genre. «Les médias maltraitent les femmes de plusieurs manières. Et on voit que la place des femmes est très réduite dans les médias. Cela donne au public l’impression que les femmes ne comptent pas alors qu’elles font 52% de la population et leur rôle dans le secteur économique est crucial. 80% des activités dans le secteur informel sont gérés par les femmes. Mais l’opinion publique n’est pas au courant de cela», a déploré la directrice de Ipao. Poursuivant son propos, elle a également souligné qu’une étude  réalisée récemment, montre que le vocabulaire utilisé quand les médias parlent des femmes est souvent méprisant et parfois même, insultant. Ce qui contribue à créer au niveau de l’opinion, une image qui n’est pas réelle des femmes. C’est pourquoi, elle invite les journalistes à être plus sensibles à la cause des femmes. «Il faut aussi faire en sorte qu’il y ait un environnement réglementaire légal qui permette que le discours sur les femmes soit un discours équitable et non discriminatoire. La panacée, c’est de renforcer la sensibilité, la capacité des journalistes à parler des femmes, quel que soit le sujet. La deuxième chose, c’est aussi, de sensibiliser les responsables des médias. Nous avons d’ailleurs fait des prix l’année dernière au Sénégal et dans d’autres pays concernés par le projet pour primer les journalistes. Nous avons primé également les éditeurs», souligne Mme Senghor qui a également invité le Cnra et le Cored à créer davantage les conditions qui permettront aux médias de jouer ce rôle en direction des femmes.
En écho à ces propos, Ousseynou Dieng, directeur de la Communication qui représentait la tutelle à cette rencontre, a rappelé que le Sénégal dispose de textes de lois permettant aux médias d’être un des  piliers forts pouvant garantir son développement . Et dans ces textes, il y a tout ce qui touche aux avantages et aux obligations des entreprises de presse. C’est pourquoi, il a indiqué la voie à suivre. «Il nous faut mettre la formation et tout ce qu’il nous faut pour permettre à ce secteur-là de réussir la transformation numérique. Et dans cette transformation-là, nous avons un volet important, la Télévision numérique terrestre (Tnt) avec un opérateur qui s’appelle Télédiffusion du Sénégal (Tds) qui travaille en rapport avec notre partenaire technique et financier, Excaf, pour garantir la couverture du pays en Tnt», a précisé Oussey­nou Dieng.
abciss@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here