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Les députés ont adopté hier le budget du ministère de la Justice pour l’exercice 2020. Toutefois, Malick Sall est appelé à veiller à la construction des Tribunaux et à améliorer les conditions de détention au niveau des différentes prisons du Sénégal.

Il ne pouvait échapper aux sujets brûlants qui enflamment l’actualité politico-religieuse comme les injonctions du Comité des droits de l’Homme de l’Onu sur les affaires Karim Wade et Khalifa Sall. Devant les députés lors du le vote de son budget, Me Malick Sall estime «que la justice sénégalaise est en parfait accord avec ses principes et lois et qu’aucune ingérence, de quelque organisme que ce soit, n’est à tolérer». Une réponse qu’il a toujours servie après avoir assumé le limogeage de deux fonctionnaires qui avaient évoqué une éventuelle indemnisation de Wade-fils à Genève.
Autant cette question est passionnante autant le débat sur l’homosexualité a intéressé les élus. A propos de cette question, le ministre de la Justice a répété la réponse de son mentor Macky Sall : «L’homosexualité ne sera jamais légalisée tant que je serai président de la République du Sénégal.» La session de vote dudit budget a constitué une occasion que certains parlementaires n’ont pas hésité à saisir pour interpeller le patron de la justice sénégalaise sur les présumés «600 millions détournés à l’Hémicycle, sur le trafic de drogue par certaines autorités, l’affaire des talibés de Ndiagne, la location de locaux pour les tribunaux, le cas Karim Wade, entre autres». Ainsi intervient le député Serigne Abdou Bara Doli. «Moustapha Cissé Lô avait dit que des autorités introduisent de la drogue dans le pays. Pourquoi ne l’interpellez-vous pas ?», lâche-t-il, s’adressant au garde des Sceaux. Quid de l’affaire des talibés de Ndiagne ? Pour le député de Bokk gis gis, «il vaut mieux enchaîner l’enfant, lui inculquer les bonnes valeurs que de le laisser s’aventurer dans le banditisme, l’agression etc. et en conséquence le menotter pour enfin l’amener en prison». Il relève dans la foulée que tous les Tribunaux qui sont dans la région de Diourbel occupent des maisons louées par l’Etat. Par conséquent, demande-t-il au ministre : «Quels sont vos programmes pour construire des Tribunaux dans la région de Diourbel ? Combien de Tribunaux comptez-vous construire en 2020 ?» Pour Déthié Fall de Rewmi, le ministre Malick Sall «ne peut pas continuer d’agir sur le Parquet et vouloir parler d’indépendance de la justice». Ce qui le pousse à dire enfin «que la justice n’avancera pas avec les mauvaises conditions de détention dans toutes les prisons du pays».

Budget de 43 milliards
Probablement, l’amélioration des conditions de travail des magistrats permettra d’entrevoir un meilleur fonctionnement de l’appareil judiciaire. Selon Me Sall, les travaux de construction des sièges de la Cour d’appel de Saint-Louis et du Tribunal de grande instance de Fatick, interrompus depuis plusieurs mois, vont bientôt redémarrer. «Au sujet de la construction des sièges de la Cour d’appel de Saint-Louis et du Tribunal de grande instance de Fatick, leur exécution a été retardée par des tensions de trésorerie, mais ces projets vont très bientôt redémarrer», promet-il. Il a annoncé qu’un important montant financier viendra s’ajouter aux 200 millions déjà mobilisés.
Le budget du ministère de la Justice pour le compte de l’année 2020, arrêté à 43 milliards 352 millions 064 mille 711 francs Cfa, a été adopté par les députés hier. Le projet de budget défendu par Malick Sall est articulé en 5 programmes : le pilotage, coordination et gestion administrative a un financement de 12 milliards 559 millions 555 mille Cfa, la justice judiciaire pour 23 milliards 659 millions 467 mille 602 Cfa, l’éducation surveillée et la protection judiciaire de l’enfant pour 440 millions Cfa, l’Administration pénitentiaire pour 15 milliards 199 millions 559 mille 857 Cfa et le 5e programme intitulé Bonne gouvernance et droits humains pour 7 milliards 749 millions 999 mille 993 Cfa. Pour Malick Sall, ces «5 programmes visent respectivement l’amélioration du secteur de la justice à travers le renforcement des fonctions de support et de soutien, l’indépendance des juges, l’accessibilité et l’efficacité de la justice au service de tous les citoyens, la protection de l’enfant en danger et/ou en conflit avec la loi, l’exécution des décisions pénales en milieu fermé et la préparation à la réinsertion des détenus et enfin la consolidation du dispositif institutionnel mis en place pour améliorer les modes de régulation et de gestion des affaires publiques».
Stagiaire

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