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Assister à une transplantation du rein au Sénégal, ce n’est pas encore demain la veille. Ce, malgré l’annonce par le ministre de la Santé du décret validant la mise en place du Comité national de don d’organes et de transplantation. Pour l’Association sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux (Ashir), c’est le statu quo et personne n’est en mesure de dire quand est-ce qu’il y aura une greffe du rein au Sénégal.

Il y a un peu plus de trois mois, le ministre de la Santé et de l’action sociale annonçait avec beaucoup d’emphase la validation de la mise en place du Comité national du don d’organes et de transplantation par le Conseil des ministres. Cette information avait suscité un grand espoir chez les insuffisants rénaux. Abdoulaye Diouf Sarr était allé plus loin en disant que le choix des 12 membres qui composent ce Comité était en train de se faire et que le processus de mise en place du Comité avait en quelque sorte démarré. Le ministre de la Santé avait fait cette déclaration lors du lancement du Plan national de développement sanitaire et social.
Quelques mois après, on attend toujours. Les malades du rein, regroupés autour de l’Asso­ciation sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux (Ashir), constatent «un statu quo». Pour Ahmet Sarr, président de l’Ashir, joint par téléphone, «personne ne peut vous dire quand est-ce qu’il y aura une transplantation à Dakar». D’ailleurs, M. Sarr ne se penche même pas sur ce sujet et quand il en parle, ce sont des enchaînements de questions sans réponses. «Nous avons souhaité que le greffe du rein ait lieu ici à Dakar. Mais quand ? Comment ? Avec qui ? Et où ? On ne saurait le dire», indique-t-il. Poursuivant ses propos, il ajoute : «Est-ce qu’entre les praticiens il y a une entente cordiale pour faire la transplantation ?» Il avance : «La transplantation nécessite une équipe multidisciplinaire.» Elle nécessite l’implication des néphrologues, urologues, chirurgiens et beaucoup d’autres services d’immunologie, de bactériologie, de virologie, etc.
Du côté des praticiens pourtant, malgré tout ce qui se dit, ils semblent être prêts. Il y a un an, lors de la célébration de la Journée du rein, le Professeur Boucar Diouf, chef du Service néphrologie de l’hôpital Le Dantec, disait : «Les ressources humaines sont là et des partenaires tels que les Turcs, les Marocains et les Tunisiens sont là, prêts à nous accompagner.» Et son collègue Babacar Ndao, chirurgien urologue, d’ajouter que «l’hôpital Aristide Le Dantec remplit tous les critères pour procéder à la transplantation». Mieux, disait-il : «La structure dispose d’un pavillon spécialement rénové pour accueillir ce service.»
Mais qu’est-ce qui empêche le démarrage de la greffe rénale au Sénégal ? Au rythme où vont les choses en tout cas, une chose est sûre : ce n’est pas demain que cette transplantation aura lieu. Depuis la sortie du ministre de la Santé annonçant les décrets d’application mettant en place ce Comité, c’est silence radio. On ne connaît pas encore les membres de ce Comité. Certains se demandent même s’ils ont été nommés.
Des sources proches du ministère de la Santé annoncent un séminaire du 22 au 25 de ce mois. Une rencontre organisée par le ministère de la Santé et de l’action et qui va réunir toutes les directions du département, les médecins spécialistes de cette pathologie pour discuter des goulots d’étranglement liés à la prise en charge de cette pathologie, notamment la dialyse et certainement de la transplantation. Peut-être que des décisions fortes sur cette greffe vont être prises.
Mais en attendant la greffe, le ministre devra aussi à coup sûr mettre l’accent sur la dialyse et les nombreuses difficultés notées dans les différents centres de traitement du pays. Ahmet Sarr relève le nombre important de malades (des centaines) qui attendent sur la liste, le nombre très insuffisants de centres de dialyse fonctionnels, sans compter les ruptures fréquentes de consommables notées et décriées par les insuffisants rénaux.
ndieng@lequotidien.sn

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