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Des survivants d’un camp de concentration nazi.

Le 1er septembre 1939, une jeune femme nommée Sarah a quitté sa ville natale, Varsovie, envahie par l’Armée allemande nazie. Elle se rendit à l’Est. Quand elle et son mari arrivèrent à Lublin, ses parents, la maison où elle est née et a grandi, sa vie lui manquèrent terriblement. Alors, elle se résolut à revenir sur ses pas et rentra seule à Varsovie.
Les années passèrent, Sarah se retrouva successivement au Ghetto de Varsovie, au camp de concentration de Chelmno, à Chenstokhova et enfin au camp d’extermination de Majdanek. Sa force et sa jeunesse lui sauvèrent la vie. En 1944, l’Armée rouge soviétique la libéra. Cependant, la grande majorité de sa famille avait péri au camp de Treblinka. D’une famille de huit personnes, il n’en restait que Sarah et son jeune frère.
Yehoshua, le mari de Sarah, avait pris la direction de l’Est. Tour à tour, il fut dans l’Armée polonaise sous tutelle soviétique, puis britannique. A la fin de la guerre, il était un soldat britannique à Alexandrie, en Egypte. Alors, sans grand avenir en Pologne, il décida de s’installer en Eretz-Israël (Palestine) sous mandat britannique. Par miracle, il a retrouvé Sarah dans un des camps de personnes déplacées et ils se retrouvèrent. En décembre 1946, leur fille, ma mère, naquit à Tel-Aviv.
La plupart de ma famille a été décimée par les Nazis et leurs collaborateurs, comme 6 autres millions de Juifs. Un tiers du Peuple juif fut exterminé dans ces années sombres de l’histoire de l’Europe et de l’humanité.
Malgré la politique de guerre froide naissante et les tensions internationales, l’Etat d’Israël a été créé en 1948, conformément à la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies pour donner au Peuple juif un Etat, un foyer.
Ma fille, née en Israël, est aujourd’hui la troisième génération à servir l’Armée israélienne. Aujourd’hui encore, en Israël, nous vivons dans l’ombre et le souvenir douloureux de nos familles perdues à jamais dans l’Holocauste. Aujourd’hui, c’est à nous de nous défendre et de nous assurer que l’Etat d’Israël et le Peuple juif ne soient plus jamais soumis à une nouvel Holocauste.
Toutefois, l’Holocauste va plus loin que la destruction du Peuple juif. Nous devons apprendre de cette sombre histoire. En 1930, les Nazis ont commencé à prêcher la haine des Juifs, les décrivant comme sous-hommes. Puis, avec leur machine destructrice, ils ont exterminé 6 millions de Juifs et ont écrit l’une des pages les plus sombres et la plus horrible que l’humanité n’ait jamais connu.
Par devoir historique, nous devons lutter contre la haine et la violence entre les Peuples. Nous n’avons pas le droit de faire l’apologie de la haine et de la violence sur la base de la couleur, du sexe, des croyances, d’appartenance ethnique ou linguistique. C’est notre responsabilité commune de cultiver la différence.
Quand l’Armée rouge libéra Auschwitz le 27 janvier 1945, un appel surgit du silence des fours crématoires, des casernes désertes, puis résonna un grand tonnerre dans les oreilles du monde entier.
74 ans après, plus jamais !

Roï ROSENBLIT
Ambassadeur de l’Etat d’Israël au Sénégal

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