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Mort il y a 50 ans, le 10 juin 1968, l’avocat, juge et homme d’Etat Lamine Gueye fait encore parler de lui. L’Association pour la pérennisation de la pensée et l’œuvre du président Lamine Gueye a prévu plusieurs manifestations les 12, 13 et 14 novembre prochain pour marquer ses 50 ans de disparition. Réunis au centre culturel Blaise Senghor, les membres du comité scientifique à l’organisation de ces journées ont présenté leur programme qui inclut plusieurs parties du pays.

Premier président de l’Assemblée nationale du Sénégal indépendant, premier avocat noir, selon certaines sources, maire de Saint-Louis, puis de Dakar, député du Sénégal au Palais Bourbon, sénateur, porteur de la loi qui étendit la citoyenneté française à l’ensemble des ressortissants des territoires d’Outre-mer, précurseur des mouvements féminins avec le vote des femmes citoyennes, Lamine Gueye mérite a tout point de vue d’être célébré, assure Boubacar Hane, président de l’Association pour la pérennisation de la pensée et l’œuvre du président Lamine Gueye. «Lamine Gueye est une figure emblématique dont les multiples dimensions méritent d’être présentées, comprises et valorisées», a-t-il fait savoir lors de la conférence de presse que le comité scientifique de la commémoration du cinquantenaire de la disparition de Me Lamine Gueye (1968-2018) a tenue.
Ces activités sont entre autres un colloque international sur le thème «Me Lamine Gueye, itinéraire panafricain (1891-1968)» les 13 et 14 novembre au Terrou-Bi, un forum qui se tient en marge de ce colloque, une exposition intitulée Me Lamine Gueye, itinéraire d’un Africain : 1861-1968, au Musée Théodore Monod et une série de conférences un peu partout au Sénégal, à compter du 13 jusqu’au 30 octobre. Aux yeux de M. Hane, ces activités sont importantes dans le sens où elles permettront non seulement de mettre en lumière les différentes facettes de Lamine Gueye, de le découvrir (à travers l’expo), mais aussi dans le sens où il sont une occasion de se souvenir de Lamine Gueye, mais aussi et surtout une manière de préserver son héritage et de l’offrir en modèle aux nouvelles générations. «Face à la crise des valeurs que traverse notre pays, l’enseignant Ameth Ndiaye du sous-comité estime que puiser dans notre histoire les principes et les idées qui ont permis de bâtir une Nation sénégalaise est devenu une nécessité». Cela, dit-il, est d’autant plus urgent que la jeunesse, fragilisée par une perte de repères, court le risque de s’égarer, entraînant avec elle un précieux héritage dont beaucoup ignorent l’existence et la valeur.
Pour l’enseignant Saliou Mbaye, à la tête du comité scientifique, cette commémoration sera l’occasion de réconcilier l’immense personnalité qu’était Lamine Gueye avec le public sénégalais, par-delà des Africains. «Ce grand panafricain, grand par la taille certes, mais aussi et surtout par la dimension de sa pensée et de son œuvre, grand par l’éloquence… Lamine Gueye fait honneur à tout Sénégalais, voire à tout Africain.»
aly@lequotidien.sn

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