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La perception est devenue presque généralement partagée : les politiciens sont tous pareils ; ils font des promesses de changement ou de rupture mais, une fois élus, font dans la continuité ; ils n’ont plus d’éthique ni de convictions…
A l’instar des précédentes consultations populaires, l’abstention risque d’être une nouvelle fois le principal vainqueur des élections législatives de ce dimanche 30 juillet. Pour rappel, de plus de 67% en 2001 (taux le plus élevé pour des élections législatives au Sénégal), le taux de participation pour des élections législatives a chuté à moins de 35% en 2007 (élections boycottées par l’opposition significative), puis à environ 37% en 2012. Pour les élections présidentielles, en 2000 on enregistrait un taux de participation de près de 61% qui chute à moins de 52% en 2012. De près 66% pour le référendum constitutionnel de 2001, nous sommes passés à 40% de participation pour celui de 2016.
Ainsi nous pouvons constater le décrochage croissant du Peuple sénégalais et sa distanciation du système politique actuel et des acteurs qui se succèdent pour l’animer.
Mais au-delà de ces politiciens ou hommes politiques, que l’on pourrait vouloir catégoriser, selon son angle d’analyse, en anges, demi-diables ou démons, le problème majeur du Sénégal est celui de son système politique, avec à son cœur une station présidentielle qui fait de son occupant un potentiel monarque dès le lendemain de son élection.
Disposant de tous les pouvoirs, y compris celui de choisir «ses» juges (ex. Conseil constitutionnel) et «ses» députés (cf. confection des listes de Benno bokk yaakaar), et d’importants fonds «spéciaux» à l’usage non contrôlé, le président de la République se trouve en capacité d’ôter tout sens au projet national de construction démocratique, d’approfondissement de l’Etat de droit et d’amélioration de la gouvernance publique.
Le constat n’est pas nouveau : les Assises nationales et la Cnri l’ont fait, avec à la clé des propositions concrètes de refondation de notre système politique et de libération du cercle vicieux du clientélisme et de la mal gouvernance dans lequel notre pays tourne depuis notre indépendance en 1960. Avec le référendum de 2016 et ses réformes cosmétiques, le pouvoir exécutif -lui encore- nous a fait encore raté une autre opportunité de nous en sortir.
Avec ces élections législatives de dimanche, le Sénégal a une nouvelle opportunité pour redonner signification aux autres institutions, en l’occurrence ici l’Assemblée nationale qui vote les lois et de ce fait impacte aussi la Justice.
Voilà toute l’importance et l’utilité de notre vote ce dimanche : mettre en place une véritable Assemblée nationale avec des députés qui ne se considéreront que redevables au Peuple pour le représenter dignement en im­pulsant les réformes nécessaires pour l’équilibrage des pouvoirs, gage de notre progrès démocratique, et pour l’amélioration de la gouvernance publi­que.
Allez bien voter : l’avenir du Sénégal et de nos enfants en vaut la chandelle !
Ousmane NDOYE
Conseiller municipal HLM et Ville de Dakar

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