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Il est possible d’exporter sur le marché américain sans payer de droits de douane grâce à la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa) ; une loi qui vise à accroître le commerce et les investissements américains avec l’Afrique sub-saharienne. Seulement, beaucoup d’exportateurs sénégalais ignorent tout de ces possibilités.

Le montant des exportations sénégalaises aux Usa en 2015 a atteint 71 millions de dollars,  soit plus de 41 milliards de francs Cfa. De cette somme, 15 millions de dollars, soit près de 9 milliards de francs Cfa, sont entrés en franchise de droits de douane. En effet, le Sénégal est éligible au Système généralisé de préférences (Sgp) et à la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa). Son objectif est d’accroître le commerce et les investissements américains avec l’Afrique sub-saharienne pour stimuler sa croissance, encourager et faciliter son intégration à l’économie mondiale. Mais durant cette même année 2015, 7 millions de dollars, soit près de 4 milliards de francs Cfa de produits sénégalais pourtant éligibles à l’Agoa, n’ont pas bénéficié de cette franchise de droits de douane. «Cela s’explique par le fait que ces exportateurs ne connaissent pas soit les démarches ou l’Agoa tout simplement», a expliqué Dr Malick Diop, le directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex).
C’est la raison pour laquelle l’Asepex a organisé mercredi dernier un atelier de partage sur les opportunités d’exportation pour les entreprises sénégalaises à travers l’Agoa. L’objectif est de les vulgariser auprès des exportateurs afin de booster leur compétitivité. De cette rencontre l’on retiendra que dans le Plan stratégique de développement des exportations de l’Asepex, un important volet est dédié à l’Agoa. A terme, cette vision doit faire du Sénégal l’un des pays africains les plus compétitifs sur le marché américain, un hub pour les investissements américains en Afrique, mais aussi viser à multiplier par 10 le volume d’exportation en 2 ans. Pour ce faire, 4 axes prioritaires ont été dégagés. Dans un premier temps, il s’agit de développer l’offre exportable sénégalaise et améliorer sa compétitivité sur le marché américain. En second lieu, assurer une appropriation et une meilleure connaissance des opportunités offertes par le marché américain. Ensuite, assurer une meilleure visibilité des produits d’exportation du Sénégal sur le marché américain. Et enfin, contribuer à la mise en place d’un environnement incitatif et favorable au développement des exportations sous Agoa.
Il faut noter que l’Agoa a été prolongé de 2015 jusqu’en 2025. Ainsi, plus de 1 800 produits allant de l’agriculture aux textiles y sont éligibles. Ce dispositif permet aux quelques 38 pays d’Afrique en voie de développement d’exporter sur le marché américain un bon nombre de produits sans payer les droits de douane. Mais pour être éligible à l’Agoa, un produit exporté doit être élevé, produit ou fabriqué dans le pays bénéficiaire de l’Agoa en respectant les conditionnalités des règles d’origine pour les articles généraux. Si des matériaux étrangers sont importés dans le pays bénéficiaire de l’Agoa, il est requis une valeur ajoutée d’au moins 35% entre autres critères.
mgaye@lequotidien.sn

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