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Assome Aminata Diatta, ministre du Commerce et des Pme.

La mise en œuvre de la Zlecaf est prévue pour le 1er janvier prochain. Du côté du Sénégal, les autorités informent que notre pays est prêt pour entamer ce programme. Le directeur du Commerce extérieur, qui prenait part hier à la concertation sur la Zlecaf organisée par Enda Cacid, renseigne que l’essentiel a été finalisé «pour permettre à nos chefs d’Etat d’annoncer le démarrage au 1er janvier 2021».

La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) va entrer en vigueur le 1er janvier 2021. Hier, lors de la concertation nationale multi-acteurs sur la mise en œuvre de cet accord dans le contexte du Covid-19 organisée par Enda-Cacid, le directeur du Commerce extérieur a fait savoir que le Sénégal est prêt pour la mise en œuvre de cet accord. Boubacar Mbodj déclare : «Aujourd’hui, nous avons un document qui atteste tous les défis réalisés en concertation avec le secteur privé sur la compétitivité de notre offre, sur la défense commerciale, sur la régulation des échanges.» Et d’ajouter : «Sur chacune de ces thématiques, nous avons une idée des défis qui nous attendent et avons élaboré un plan d’actions que nous allons dérouler.» Se voulant rassurant sur cette question, le directeur du Commerce extérieur renseigne que l’essentiel a été finalisé «pour permettre à nos chefs d’Etat d’annoncer le démarrage au 1er janvier 2021». Dans la même veine, il informe que le Sénégal a transmis sa liste tarifaire «avec 90% de lignes tarifaires qui devront faire l’objet de libéralisation sur une période de 13 ans». «Aujourd’hui, avec la Douane, avec le ministère de l’Industrie, du côté de l’Admi­nistration, tout est au point pour permettre d’engager ce programme avec les meilleurs résultats», a-t-il an­noncé.
Toutefois, le Sénégal devra faire face à des défis. D’après M. Mbodj, il faudra que «notre secteur privé se prépare à cette nouvelle réalité». Et le directeur du Commerce extérieur explique que «notre marché va s’ouvrir à la concurrence, à d’autres produits venant de partenaires africains, il y a la possibilité pour nos entreprises d’élargir leur marché d’exportation à travers le continent africain. Donc, il y a cette nécessité de se préparer pour mieux consolider leur part de marché au Sénégal et sur le continent. Il y a aussi le défi de les accompagner pour conquérir de nouveaux marchés sur le continent africain».
Le représentant du secteur privé à cette rencontre est conscient des défis que les acteurs doivent relever. Ainsi, d’après Mor Talla Kane, cet accord exige de «travailler à l’émergence de nouveaux relais de croissance à travers des secteurs d’exploitation de haute valeur ajoutée comme l’industrie». En outre, M. Kane estime que le talent de négociateur seulement «ne saurait suffire pour aider notre pays à tirer le maximum de profits du marché commun». Ainsi, il soutient qu’il nous faut «disposer d’un système robuste avec des hommes d’affaires entreprenants et inventifs, une Administration d’écoute et des travailleurs compétents». Convaincu que l’environnement sera favorable à une «compétition féroce», il prévient que «seuls s’en sortiront ceux qui osent». Le directeur exécutif de la Confé­dération des employeurs du Sénégal (Cnes) recommande d’améliorer des secteurs comme l’industrie et «notre capacité à développer et à exporter des produits dont la demande est liée aussi bien aux prix qu’à la qualité». De même, il estime qu’il faut «se positionner à la pointe de la quatrième génération industrielle caractérisée par l’usage systématique du numérique».

Amener les exportations vers l’Afrique de 40% à 48% en 2024
Par ailleurs, le directeur du Commerce extérieur a rassuré sur les avantages de cet accord pour notre pays. Selon Boubacar Mbodj, vis-à-vis du marché africain, le Sénégal a «une position commerciale excédentaire» avec un volume d’exportation estimé à 40%. Avec la Zlecaf, ajoute-t-il, l’ambition c’est d’amener les exportations sénégalaises vers l’Afrique «de 40% à 48% en 2024». Poursuivant ses explications, il souligne que l’étude d’impact réalisée a montré que «du point du vue des échanges, nous avons plus à gagner qu’à perdre». Même s’il y aura des pertes fiscales, M. Mbodj fait savoir que celles-ci ne seront pas très élevées par rapport au volume d’importation. «La perte qui a été estimée est de l’ordre de 30 milliards de francs Cfa, parce que tout simplement nous exportons plus que nous importons du continent africain. En tout cas, au moment où nous démarrions les négociations, c’est ce que nous a révélé cette étude, confirmée par d’autres études, notamment celle de la Banque mondiale qui fait figurer le Sénégal parmi les pays qui vont grandement tirer profit de cet accord», a-t-il dit.

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