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Dans une lettre datée du 13 octobre dernier, El Hadji Issa Sall a invité Moustapha Niasse à mettre en «procédure d’urgence» une commission ad hoc pour l’arrêt des poursuites contre Khalifa Sall. Le député Pur appelle l’Assemblée nationale à «prendre ses responsabilités» et à éviter que cette affaire soit réglée par les populations ou dans des juridictions extérieures.

Ça ressemble à une bataille de commissions ad hoc dans l’affaire Khalifa Sall. Alors que l’Assemblée nationale va en mettre une pour engager la procédure de levée de l’immunité parlementaire du député-maire de Dakar, le député El Hadji Issa Sall rame à contre-courant. Dans une lettre datée du 13 octobre dernier, le coordonnateur du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) a écrit au président de l’institution parlementaire «en application de l’article 52 du Règlement intérieur de l’As­semblée nationale», sollicitant la mise en place, en «procédure d’urgence, d’une commission ad hoc pour l’arrêt des poursuites engagées contre Khalifa Aba­bacar Sall actuellement en détention». D’après le député élu sous la bannière du Pur aux dernières Législatives, cette demande est une «invite à une prise de responsabilités de l’Assemblée nationale comme l’ont fait du reste le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire».
M. Sall de prévenir : «L’As­semblée nationale est doublement interpellée parce que c’est un des nôtres qui est poursuivi malgré son statut de député. En tant qu’institution votant des textes, nous devons être les premiers à les appliquer. Si nous ne parvenons pas à prendre en charge ce problème, par-delà le cas de l’honorable député Khalifa Sall, c’est toute l’architecture parlementaire qui s’expose et se fragilise.» Ce proche du leader des Moustarchidines, Moustapha Sy, a rappelé dans son courrier la validation de la liste Manko taxawu senegaal par les services chargés d’organiser les élections du 30 juillet dernier ainsi que l’élection de Khalifa Sall comme député. «J’ai pensé qu’à cet instant que le pouvoir judiciaire aurait la clairvoyance de prendre ses responsabilités et de demander immédiatement la suspension des poursuites et la mise en liberté de notre collègue en attendant que sa nouvelle fa­mille (l’Assemblée nationale) se prononce sur l’affaire de la mise en place d’une commission. Cela lui aurait donné la possibilité de jouer pleinement son rôle de député, de se faire élire comme membre du bureau, mais aussi de participer activement, com­me tous les députés, à l’élection des membres de bureaux», regrette M. Sall.
Il appelle l’Assemblée nationale «à ne pas attendre que ce cas soit pris en charge par les populations ou des assemblées ou de juridictions extérieures». Sans doute, El Hadji Issa Sall fait allusion aux menaces des proches de Khalifa Sall de descendre dans les rues et à la saisine de la Cour de justice de la Cedeao par les avocats du maire de Dakar.
bgdiop@lequotidien.sn

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