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Le dernier film du réalisateur sénégalais Alain Gomis, déjà multi primé à travers le monde, pourrait être félicité encore une fois aux Oscars du cinéma qui se tiendront aux Etats-Unis au mois de mars 2018. Ce film a en effet, été sélectionné dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère à la 90e édition des Oscars du cinéma. Et pour lui permettre d’ajouter ce prestigieux trophée à son palmarès, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, et le réalisateur lui-même ont invité hier, lors d’un point de presse à la Maison de la presse, tout le Peuple sénégalais à soutenir et porter ce film vers le triomphe.

Par Mame Fatou KEBE

Pour que le film Félicité du réalisateur, Alain Gomis, soit distingué en mars prochain aux Etats-Unis à la 90e cérémonie des Oscars du cinéma, une campagne d’information et de soutien a débuté hier. Lors d’un point de presse organisé à la Maison de la presse, le ministre de la Culture, Abdoulatif Coulibaly, ainsi que Alain Gomis ont invité tout le Peuple sénégalais à se mobiliser afin que ce film puisse gagner un Oscar. «Il faudra faire un très grand travail, pour ce que nous voulons montrer à la Communauté internationale. Et pour cela, non seulement vous avez mon soutien mais celui aussi du Président et de l’ensemble du gouvernement», a lancé le ministre de la Culture à l’endroit du réalisateur. Latif Coulibaly, qui se montre optimiste, a également affirmé que «demain il fera jour à Los Angeles, et le Sénégal ne sera pas parmi les déçus».
«Le Sénégal s’est qualifié parmi 92 films qui vont participer à la compétition au mois de mars prochain. C’est comme si aujourd’hui, on qualifie une Equipe nationale qui va aller jouer en Russie, c’est la même chose avec le film de Alain Gomis», a mentionné le ministre. Se réjouissant de son parcours, Abdou latif Coulibaly affirme également que ce n’est pas Alain Gomis et son film seulement qui sont en perspective dans cette affaire-là. «Ce sont les retombées qu’on peut tirer de la présence de Alain Gomis à Los Angeles, si le film sénégalais est retenu parmi les 5 films qui vont être dans la compétition officielle». En réalité, explique-t-il, «sur les 92 œuvres déjà sélectionnées, on va faire une présélection encore et on va en éliminer. Ensuite, on ne retiendra que 5 films». «Faisons donc en sorte que le film sénégalais soit retenu», a lancé le ministre de la Culture.
Il rappelle par ailleurs que depuis que les Africains participent à cette compétition dans la catégorie des meilleurs films étrangers, 9 films seulement sont arrivés en final, dont 5 films algériens, 2 sud-africains et 1 ivoirien. «Vous voyez ! C’est une compétition donc serrée. L’objectif final c’est de gagner, il n’y a pas d’objectif intermédiaire. Et nous attachons à cet objectif des ambitions : c’est de réussir à asseoir une industrie cinématographique en termes de production, de post production du cinéma. Parce que c’est là, la clé», a précisé le ministre, qui ajoute par ailleurs que c’est cela qui va donner des emplois fixes mais également des emplois intermittents. «Si nous réussissons à mettre cette infrastructure en place, un réalisateur de films, qui va aller en Europe, ou la post production va lui couter 2 milliards Cfa, va préférer venir au Sénégal faire sa post production. Et ça c’est un combat que certains pays ont déjà gagné. Il faudrait que le nôtre le gagne», dixit, M. Coulibaly.
Le ministre, ex-Secrétaire général du gouvernement, rappelle également que c’est bien pour cette raison que le Président a décidé de mettre en place le Fopica d’une valeur 2 milliards Cfa avec une administration qui va avoir le discernement qu’il faut pour assurer un meilleur développement de l’industrie cinématographique.

Faire du Sénégal «la place forte du cinéma en Afrique» 
Prenant parole à la suite du ministre, Alain Gomis dit éprouver une fierté de pouvoir affirmer à l’étranger cette capacité de réussir. «Je pense que l’un de nos objectifs est de faire en sorte qu’en franchissant cette étape-là, d’amener ce savoir-faire, de construire un nouveau partenariat, et de dire voilà on est capable, on fait, on avance. Je crois qu’on travaille à cela, faire en sorte que le Sénégal soit la place forte du cinéma en Afrique», fait-il savoir. «C’est pas à pas. Les initiatives aussi pour les jeunes, ciné-banlieue, etc. sont très importants, et il faut continuer à les soutenir», mentionne l’auteur de Felicité. Pour M. Gomis, en lançant cette campagne pour les Oscars, il faut avoir à l’esprit que c’est une longue route à parcourir. «On a besoin de votre soutien, qu’il soit le plus large possible, sous toutes les formes possibles. Parce que ce qui est en jeu, ce n’est pas Félicité, c’est tout ce que nous devons pouvoir construire sur la route et qui j’espère, nous amènera à cette forte liste au mois de décembre», a-t-il dit.
Côté technique de communication, il faudra noter que  le plan aujourd’hui, c’est de multiplier les projections, les soutiens et appels. «Toutes sortes de soutien sont les bienvenues pour faire grossir petit à petit une vague qui arrive jusqu’aux Etats-Unis, dans la communauté sénégalaise, mais aussi la communauté africaine de manière générale, la communauté afro-américaine», a relevé Alain Gomis. Le réalisateur informe en fin qu’un comité de soutien sera mis en place ici comme aux Etats-Unis.
mfkebe @ lequotidien.sn

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