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Le Conseil national du patronat (Cnp) qui a démarré hier, l’édition 2017 des assises de l’entreprise, souhaite que l’administration fiscale observe une trêve de la pression fiscale.

Le patronat sénégalais ne rate jamais le cadre des assises de l’entreprise pour passer au peigne fin les contraintes auxquelles les investisseurs privés sont confrontés. Pour l’édition 2017 axée sur «l’environnement et la compétitivité des entreprises» qui a démarré hier, le président du Conseil national du patronat (Cnp) n’a pas dérogé à la règle.   Baïdy Agne a ainsi mis un accent particulier sur les préoccupations relatives à la fiscalité. «L’entreprise demande une faveur cette année : une trêve de la pression fiscale pour les bons contribuables.  Je précise une trêve de la pression et non du paiement des impôts. Permettez à ceux qui investissent de bénéficier de ce retour sur-investissement, ainsi que de jouir de dividendes acquis en toute régularité», déclare le patron des patrons d’entreprise, sous le regard attentif du Premier ministre, Maham­mad Boun Abdallah Dionne flanqué du ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba.
M. Agne ne s’est pas arrêté en si bon chemin. «Elargir l’assiette fiscale, c’est possible en utilisant le Ninea dans les opérations douanières. Notre grande disponibilité à vous accompagner dans la réalisation des chantiers des réformes fiscales et foncières, vous l’avez toujours eue. Et nul besoin de faire ici le bilan de notre concertation fiscale, au regard de la qualité de concertation technique», dit-il au chef du gouvernement. Avant d’évoquer les préoccupations liées à la nouvelle contribution économique locale (Cel). Baïdy précise : «La  Cel présente l’avantage d’être plus simple, plus équitable et facile à recouvrer. Toutefois elle nécessite une analyse plus fine de son impact pour certains secteurs d’activité pouvant fortement être affectés, notamment l’agro-industrie et le tourisme. Un encadrement des collectivités locales par la Dgid (Direction générale des impôts et domaine). Oui l’entreprise suscite toujours autant d’appétit». Le président du Cnp n’a pas manqué d’aborder les crédits de Tva, qui a son avis, «ont un impact négatif substantiel sur les capitaux propres et les résultats financiers des entreprises». Car explique-t-il, «l’entreprise est soumise à des contraintes légales en fin d’exercice». M. Agne recommande ainsi, au gouvernement de rendre  «obligatoire un délai maximum de traitement des demandes de remboursements».
Sur la dette intérieure, le patron du Cnp informe également, qu’elle «reprend forme et dans des proportions inquiétantes dans le secteur du Btp et le secteur des pétroliers». A défaut d’un règlement de la totalité échue en une seule fois, il de­man­de à Dionne et son équipe  de leur proposer si possible des échéances de paiement des arriérés soutenables pour l‘entreprise.
Face à ces interpellations, le Premier ministre a tenu à rassurer le patronat. A propos de la fiscalité, par exemple, Maham­mad Boun Abdallah Dionne assure que la politique du gouvernement dans ce domaine, «vise davantage à rationaliser les dépenses fiscales et à travailler pour une fiscalité plus transparente dans le respect des principes de consolidation budgétaire». Le chef du gouvernement ajoute : «Des réponses appropriées seront apportées aux questions spécifiques que vous posez dans le cadre des concertations permanentes avec les services techniques du ministère de l’Eco­nomie, des finances et du plan».

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