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Le Plan stratégique du Port de Dakar, que le Directeur Aboubacar Sedikh Bèye va dévoiler ce matin au King Fahd de Dakar, avait été brossé il y a deux jours, devant des dirigeants des médias. On y voit une très forte ambition, basée sur des atouts certains. Mais qui demande des investissements forts et une volonté de tous.

Le Port autonome de Dakar se positionne pour devenir le hub portuaire de la région de la Cedeao. Le Directeur du Pad, Aboubacar Sedikh Bèye, et son équipe ont mis en place un plan et une nouvelle stratégie, qu’ils présentent ce matin au public. Ces derniers doivent leur permettre de sécuriser les parts de marché déjà existantes, notamment avec l’hinterland malien, mais au-delà, gagner des parts sur les ports de Lagos, Luanda et Lobito en Angola, et même au-delà, des marchandises destinées à l’Afrique du Sud. Ce faisant, le Pad pourra faire pièce au Port de Lomé qui, selon les dires du Dg du Pad, s’est en quelques années, positionné comme le port le plus important de la côte ouest-africaine.
Opéré par Msc, qui y a investi plus de 530 milliards de francs Cfa, le port de Lomé opère actuellement 900 mille containers par an, là où Dakar fait à peine 600 mille. Cela, il le doit moins à ses tarifs, qu’au temps de passage de chaque bateau dans ses eaux.
Aboubacar Sedikh Bèye déclare qu’à Lomé, le temps d’attente est d’une heure et demie, ce temps est de 63 heures pour un navire devant décharger à Dakar. L’une des conséquences de ces délais trop longs, est que «les Ics ont dû payer 1,5 million de dollars de surestaries l’année dernière, alors que les Cimen­teries du Sahel (Ics) ont sorti 1,8 million de dollars pour les mêmes retards de débarquement la même année».
Mais le Dg du Pad est convaincu que toutes les faiblesses du Sénégal peuvent être comblées, du fait des nombreux atouts du pays. Le Sénégal a la stabilité politique et sociale qui manque à beaucoup de pays. Il a les ressources humaines et industrielles qui font défaut à nos principaux concurrents. Il suffirait que nous sachions faire les investissements nécessaires, pour nous positionner en tête et damer le pion à tous les ports qui veulent nous concurrencer.
Dans ce cadre, l’une des grandes priorités est de commencer la construction du port de Ndayane, qu’il appelle le «Port de 3ème génération» et que l’on nommait «Port du Futur» du temps de Wade, qui l’avait négocié avec Dp World. «Nous allons construire un port avec 18 m de tirant d’eau, qui nous permettra d’accueillir de gros bateaux, et desservir les pays dont les ports sont congestionnés», souligne M. Bèye, qui ajoute que le Pad cherche des partenaires pour lui permettre de finaliser cet ouvrage, dont il voudrait voir le fonctionnement dès 2021. Ces nouveaux partenaires devraient lui éviter un tête à tête inconfortable avec Dpw.
Et pour devenir encore plus performants, il faudrait que les travaux réalisés sur le port de Ndayane soient couplés avec la relance du chemin de fer Dakar-Bamako. «Si le train roulait d’ici douze mois, nous rendrons inutiles tous les investissements ivoiriens ou togolais en direction du marché malien. Parce que tout le fret va quitter les camions maliens, pour aller sur le train, et nous fera gagner quatre jours d’avance sur nos concurrents». Il ne restera alors qu’aux responsables des infrastructures et des transports du Sénégal, de faire en sorte que le plan de Sedikh Bèye ne soit pas juste un conte de fée pour adultes rêveurs.
mgueye@lequotidien.sn

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