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De meilleures conditions de travail, c’est ce qu’exige l’Association des conducteurs d’engins lourds du Sénégal (Acels), officiant dans les grands chantiers de l’Etat. Face à la presse hier, ses membres interpellent les autorités étatiques sur leurs dures «conditions de travail». «Les barèmes de paiement sont dérisoires l’esclavage», s’étrangle Amadou Sékou Diallo.

Les membres de l’Association des conducteurs d’engins lourds du Sénégal (Acels), officiant dans les grands chantiers de l’Etat, ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail. Le président de l’Acels, au milieu d’une foule de travailleurs frustrés, exige «de meilleures conditions de travail». Il confie : «Nous souffrons dans notre chair, notre dignité est presque bafouée. Nous travaillons dans l’insécurité totale parce que manier des engins lourds comme le Caterpillar, la grue… peut s’avérer dangereux alors que nous n’avons pas de matériels.» M. Diallo donne l’exemple d’un de ses collègues décédés l’année dernière à Tivaouane Peulh. «Il procédait à la démolition d’un bâtiment qui s’est effondré sur lui.» Selon lui, «il est temps qu’on reconnaisse que c’est un travail à risque».
Il regrette leurs mauvaises conditions de travail alors que les membres de son association travaillent dans les grands chantiers de l’Etat. En effet, explique-t-il, «nous sommes employés par des agences intérimaires qui nous sous-traitent à des particuliers, à l’Etat. Ce que nous dénonçons. Nous voulons avoir la liberté de négocier directement avec nos employeurs, notamment les grandes entreprises pour leur proposer des chauffeurs», car «la sous-traitance relève de l’exploitation». Continuant d’interpeller directement l’Etat sur les problèmes auxquels ils sont confrontés, les collègues de M. Diallo soutiennent que «c’est lui qui octroie les marchés aux sociétés étrangères et ces dernières nous sous-traitent après. Donc, l’Etat doit être plus regardant sur ce que font ces sociétés étrangères. Il doit se donner de la peine de regarder nos conditions de travail». Khalifa Ababacar Ba, membre de l’Acels, insiste : «Nous voulons un statut parce que nous sommes à la base de toutes les infrastructures que vous voyez au Sénégal, à savoir les ponts, les routes… Si on croisait les bras pendant une journée, tous les chantiers allaient s’arrêter, de même qu’au niveau du Port autonome de Dakar, dans les cimenteries et les mines d’or. Il est temps qu’on sache qui nous sommes.»
Au-delà, l’Acels demande la construction d’un centre de formation pour davantage renforcer les capacités de ses membres, mais aussi former d’autres jeunes qui voudraient évoluer dans ce secteur.
nfniang@lequotidien.sn

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