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L’édition 2019 du Festival international de jazz de Saint-Louis a été clôturée en beauté mardi 30 avril. Lao Tizer Band ayant été annulé au dernier moment, Abdoulaye Cissoko, Vieux Mac Faye, Mactar Sambe entre autres, ont sauvé les meubles.

Ç’aurait été en football, on parlerait d’un bon coaching. Abdoulaye Cissokho a remplacé le groupe américain dont le contrat a été annulé du fait de quelques problèmes financiers. Un remplaçant digne d’une tête d’affiche ! Abdoulaye Cissokho a une fois de plus séduit. Le choriste saint-souisien et non moins membre de l’association organisatrice du festival, écarté de la scène In depuis plusieurs années, à encore joué les sapeurs-pompiers en acceptant de boucher les trous. Le hasard faisant bien les choses, le public s’est régalé.
Comme si l’adage qui dit que nul n’est prophète chez soi est une vérité à Saint-Louis, les responsables de la programmation de l’association Saint-Louis Jazz ont depuis des années, ignoré royalement le choriste de la Vieille ville dont les concerts sont pourtant courus en Europe. Mais lui n’a pas laissé passer cette occasion de s’illustrer. Ablaye, comme on l’appelle, a, en effet, tout donné avant-hier soir. Sa kora en bandoulière, il s’est emparé de la place Faidherbe dont il est devenu le maitre pendant près de deux heures.

Hommage à Habib Faye
Pour sauver les meubles, l’association Saint-Louis Jazz a donc usé de subterfuges en improvisant un hommage au défunt bassiste Habib Faye décédé l’année dernière, à quelques jours de l’ouverture de la 26ème édition. Abdoulaye Cissoko était alors le mieux placé pour mettre en œuvre cette improvisation qui a eu le double but de proposer autre chose aux festivaliers à la place du groupe Lao Tizer qui leur a fait faux bond, et surtout de rendre hommage au talentueux bassiste qui, d’habitude, participait au projet «Autour de minuit» qu’il animait avec son ami Abdoulaye.
Tous les instruments sont mis à contribution dans ce projet intitulé «Tribute to Habib Faye» qui a déjà fait feu de tout bois sur les scènes de l’institut Français à Dakar et à Saint-Louis. Plu­sieurs instrumentistes sont invités à tour de rôle. C’est le cas de vieux Mac Faye qui rappelle à bien des égards son défunt frère par la dextérité avec laquelle il manipule sa guitare. Ce groupe-là a fait rêver. Abdoulaye Cissoko au chant et surtout à la kora accompagné de Yacine Mboup et Marième Badji, Moussa Konaté au xalam, Ousmane Ba à la flûte, Jules Guèye à la trompette, Vieux Mac Faye et Mabousso Thiam, Mame Less et Obam Christian à la guitare, Djiby Diabaté au balafon, Ibou Ndir à la calabasse, Moctar Samba et Christophe Marchal à la batterie, ont tout simplement ébloui le public qui certainement ne se plaindra jamais de la défection du groupe Léo Tizer Band. Toutefois, les «Sam fall» et «Drouss» des Baye Fall positionnés à l’autre bout de la Place Faidherbe ont failli gâcher la fête. Dans le public, les plus téméraires se sont plaints du gêne occasionné et d’autres ont profité de cet «intermède vocal».

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