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Binta Ndao, fille du célèbre écrivain Cheikh Aliou Ndao, a organisé samedi dernier un concert interculturel au cours duquel ses poèmes, tirés du livre «Ames jumelles», ont été déclamés. Une sorte de cérémonie de dédicace inédite dans ce pays. L’évènement a été un délicieux cocktail de mots et de mélodies devant une poignée de personnes.

La poétesse Binta Ndao a procédé à la présentation de son livre Ames jumelles, samedi dernier, dans un décor riche en sons et en images. Une cérémonie de dédicace inédite au Sénégal. Il s’agit d’un mélange de poésie et de musique. Sur scène, tout un ensemble d’instruments de musique : batterie, guitares et instruments traditionnels. Binta Ndao et les autres préposés à déclamer des poèmes se sont présentés sur la scène les uns après les autres, accompagnés par les notes de Claudio, guitariste. Qui a aussi joué du flamenco. Puis, le groupe de musique Waraba du Mali est entré dans la danse avec une brillante prestation. «Mes livres sont devenus des chansons. J’ai des chanteurs nationaux et internationaux», a déclaré Binta, interprète de profession et écrivaine par passion, contente d’avoir vu ses dizaines de poèmes chantés. Ainsi, le public a été épaté par un cocktail de mots et de mélodies. «On a délicieusement goûté de la musique avec la beauté, la force et la vérité des mots de Binta», s’est réjouie l’une des marraines de cet évènement, Andrée Marie Diagne, écrivaine. Elle était accompagnée par l’autre marraine, Fatou Yélly Faye, qui a chanté un beau poème de Binta qu’elle maîtrise. Séduite par l’inter-culturalité, Mme Diagne ajoute : «Ce que j’aime dans cet espace hydri­que, c’est qu’il représente l’humanité avec tout un mélange de l’âme, de couleurs, de sensations d’origine.»

Un concept méconnu du grand public
Culturellement, l’événement a été au top. Hélas, le public n’a pas répondu présent. A part les invités d’honneur, aucune autre âme n’est repérée sur les lieux. Faute de communication. Aussi faudrait-il noter que les Sénégalais n’ont pas la culture d’aller dans des concerts-dédicace. Un concept aujourd’hui mé­connu dans ce pays, mais pas pour Binta qui a déjà eu à organiser ce genre de cérémonies. «C’est à nous d’éduquer les Sénégalais à ça», a estimé  Docteur Ndongo Mbaye, journaliste, poète et écrivain, venu en tant que maître de cérémonie. A ses côté, on distingue Mamadou Lamine Faye, nouvelliste. Mr Mbaye qui appelle à la vulgarisation estime que dans l’avenir, ce genre de spectacles sera en vogue. D’ailleurs, il croit fermement que c’est une tradition sénégalaise. Il dit : «Le concept de dédicace que Binta a créé n’est rien d’autre que ce que nos ancêtres faisaient dans la tradition orale. Le griot racontait de la poésie, mais il devait jouer un instrument de musique qui était la kora, le balafon… des instruments à trois cordes. C’est le fait d’un mariage harmonieux  entre la musique et les mots.»

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