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Ils étaient nombreux à l’attendre sur la scène du Festa2h. Le rappeur  français, Médine, le savait et ne pouvait sous aucun prétexte faire des déçus. Il a alors mis de côté ses pépins de santé et tout donné jeudi soir à la Maison de la culture Douta Seck. Cela, au plaisir de certaines spectatrices voilées qui, durant tout le concert, ont fait montre d’une maîtrise parfaite de ses textes. Ce fut un spectacle dans un spectacle.

La Maison de la culture Douta Seck était archi-comble pour le concert du rappeur Médine. C’est son 2ème passage au Festa2h. Et malgré ses pépins de santé, le rappeur français a honoré ses engagements. Pour lui, il était important que le public entende «la force de la culture contre la culture de la force». Mais avant de livrer son message, il a pris le temps d’immortaliser, avec ses fans, son passage à Dakar. Humble, modeste et accessible, Médine est loin de l’image «sulfureuse» qu’il véhicule dans ses vidéos disponibles sur internet. Le rappeur a tout le temps le mot qui apaise. Loin du vocabulaire «vulgaire» qu’utilisent d’ordinaire certains rappeurs, Médine abuse du terme «frère», avec une sympathie qui séduit et le rapproche de ses interlocuteurs. Mais ça, c’est avant qu’il ne monte sur le podium.
Sur scène, en short et tee-shirt, tel un footballeur qui entre dans une compétition, le rappeur laisse paraître toute sa rage contre ce monde «condescendant» qu’il dénonce dans ses textes au grand plaisir de quelques dames voilées qui ont fait le déplacement. Téléphone allumé, voile bien noué sur la tête, ces spectatrices voilées ont même failli ravir la vedette à Médine. Tant elles attiraient l’attention par leur agitation à chaque morceau qu’entonne l’artiste. Ces femmes, constate-t-on, connaissent par cœur les textes du rappeur et à distance s’improvisaient en chœur. Séduit, le ministre de la Culture et de la communication, Mbagnick Ndiaye, affirmera : «On est dans les cultures urbaines et nous trouvons ici une ambiance exceptionnelle.» Il ne croit pas si bien dire.
Médine a fait plus de 30 minutes de show. Il a interprété presque tous les morceaux de sa dernière production, Prose Elite. De L’homme qui répare les femmes à Enfant du destin en passant par Raison sociale, le public sénégalais a savouré ces instants magiques. La preuve, lorsqu’il chante «l’amour des siens ne veut pas dire la haine des autres», les heureux spectateurs reprenaient en toute harmonie ce refrain pendant que l’artiste, lui, leur tendait son micro, histoire d’emballer encore plus son monde. Pour le directeur des Arts qui était, lui aussi, présent à ce spectacle, «rien ne sera plus comme avant». Abdoulaye Koundoul explique qu’on «ira plus en profondeur dans les appuis avec le fonds dédié aux cultures urbaines». Si cela se réalise, c’est déjà un garanti que le public des cultures urbaines aura encore de grosses pointures aux prochaines éditions.

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