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Par des vidéos de ses spectacles postées sur le net, Faada Freddy a suscité 4 années durant le désir des mélomanes de le voir jouer au Sénégal. Est-il vraiment possible de faire de la musique avec comme seul instrument le corps humain ? A cette interrogation, il n’a fallu que 2 heures à l’artiste pour y répondre. Mieux, au terme du concert qu’il a donné le week-end dernier, cet artiste multi-talents a encore suscité une autre interrogation chez ses fans : Y a-t-il une chose que Faada ne sait-il pas faire dans la musique ? Pour décrire ce spectacle riche en couleurs et en émotions au Grand Théâtre samedi, on peut employer sans se tromper l’adjectif «exceptionnel».

Samedi soir, à 22 heures 36 minutes, Faada Freddy avance sur la scène du Grand Théâtre. Eclairé par une lumière tamisée changeant de couleur au fur et à mesure que l’artiste rejoint les 5 musiciens. Ces artistes ont formé un demi-cercle faisant face au public. Le décor est campé. Cela faisait 4 bonnes années que Dakar attendait le Gospel journey. Et dès le premier morceau, le public impatient est déjà emballé, scanda sans cesse le nom de Faada, depuis la fin de la première partie du concert. Le simple fait d’apercevoir la silhouette de l’artiste était sujet à des applaudissements. Le challenge de ne pas les décevoir était là, et Faada Freddy les emporte aussitôt dans un voyage dans l’univers de Gospel tel que promis. Le rappeur Abdou Fatha Seck (Ndlr, Son nom à l’état civil) a offert une réécriture de l’histoire de la musique avec une si grande précision à faire frémir les plus insensibles.
Nombreux sont en effet ceux-là qui, voyant les précédents spectacles postés sur la page de l’artiste, se demandaient s’il est vraiment possible de faire de la musique avec comme instrument le corps humain. Faada Freddy a tenu encore ce pari. Des changements de timbres de voix découlant naturellement sur un rythme différent en passant par quelques pas de moonwalk, il a prouvé qu’être africain ou de race noire (ou issu d’un pays de mer**) n’est pas une excuse à la médiocrité. Du coup, sa prestation a été positivement sanctionnée par un public en transe. Un record à l’applaudimètre a été très certainement battu samedi soir. De mémoire de reporter, raret un concert dans ce lieu n’a atteint un tel niveau d’interaction entre un artiste et le public. Faada Freddy, métrisant son sujet à la perfection, invitait les spectateurs à participer au show, en entonnant des «oh oh oh». Pendant ce temps, les 5 musiciens s’attèlent à composer un instrumental, aidés en cela par un synthétiseur qui traduit de manière fidèle le morceau se trouvant dans l’album et qui est interprété.

Du talent à revendre
Faada Freddy ne joue pas de la musique, il est un musicien. Il propose diverses notes : du reggae au zouk et plusieurs autres styles musicaux. A tel point qu’on se demande s’il existe une chose dans la musique que Faada ne sait pas faire ? Tant il a été précis, sophistiqué, professionnel et authentique. Le clou du spectacle reste l’arrivée de Ndongo, son «meilleur ami» sur la scène. Sur le morceau des Black eyes peace pump it, Ndongo pose sa voix, accompagné par les cris quoi que stridents, mais agréables. Dire que ce fut beau et réducteur, en même temps décrire fidèlement cette ambiance est juste impossible. Il fallait y être ! L’in­terprétation «sénégalisée» de No woman no cry de Bob Marley a été un des moments forts du Dakar Gospel journey. Mais auparavant, la jeune artiste Abiba, accompagnée au clavier par un Baba Hamdy, est passée confesser en musique son amertume d’une amitié à sens unique. Non sans rappeler «le lien entre sa famille et celle de Faada».
De leur côté, Cheikha et Mayna ont assuré la première partie du spectacle. Cheikha a fait une belle reprise du titre Perfect de Ed Sheeran. Quant à Mayna, elle a interprété le répertoire du Daara J. Une bonne stratégie pour mettre le public dans sa poche. C’est «un rêve» devenu réalité pour l’animateur Pape Cheikh Diallo de voir le Gospel journey poser enfin ses valises sur Dakar car, explique-t-il, le concert a failli être annulé. Heureusement qu’il a fini par tenir toutes ses promesse et l’intégralité des recettes sera versée au Village Pilote.
mgaye@lequotidien.sn 

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