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Ce vendredi, l’Orquesta Aragon a gratifié le public du Grand Théâtre d’un bon concert. Cette formation musicale a voyagé pendant les 2h qu’a duré le spectacle dans les airs de la charanga cubaine. Emporté par le cha-cha-cha, le danzon, la salsa et le classique «Yaye boye», les spectateurs ont passé du bon temps à surtout danser.

Sur scène à 23h 44 minutes, la famille Aragon était bien disposée. Chacun tenant son instrument en main, prêt à se lancer dans le show. «Bonsoir mesdames et messieurs, bonsoir Sénégal, bonsoir Dakar. Comment ça va ? Nous sommes très contents d’être ici avec vous», lance l’un d’eux dans un français approximatif que ne remarque point le public impatient de voir la charanga cubaine la plus célèbre. Celle-là même qui a écrit et qui continue encore d’écrire plusieurs pages d’histoire de la musique cubaine et distiller des notes de plaisir. Doux, les premiers titres accompagnèrent les danseurs cubains. Mais au fur et à mesure que se déroulait le spectacle, les muscles se détendaient et le public, composé majoritairement de personnes âgées, se laissait aller au son des violons. Les couples se formaient et chacun se cherchait un cavalier pour danser.
Malgré ses presque 80 ans d’existence, l’Orquesta Aragon a gardé toute sa splendeur, sa force musicale et l’amour que lui voue le public sénégalais n’a cessé de grandir. Cet amour était encore palpable ce vendredi au Grand Théâtre. Pour preuve, un vieux qui tenait à peine encore sur ses jambes se plaisait sur la piste dans une démonstration de danse aussi fine que celle d’un fin connaisseur de la musique cubaine. A chaque morceau, il rejoignait la scène, se cherchait une cavalière pour esquisser quelques pas. Parfois sans cavalière, il se retrouvait quand même à danser seul sur scène. Et malgré toute la peine qu’il éprouvait à descendre les marches de la scène, il remontait automatiquement dès qu’il entendait le titre Yaye boy. Cette gymnastique n’était rien, comparé au bonheur qu’il éprouvait à entendre cette mélodie tropicale. Né le 1e novembre 1937, presqu’au même moment que cet orchestre, Ibrahima Samb alias Niaparterre n’aurait pour rien au monde raté ce rendez-vous avec Aragon. Il a d’ailleurs assisté à tous les concerts d’Aragon au Sénégal et ses souvenirs de celui de décembre 2008 sont encore vivaces dans sa mémoire.
Cette fois-ci, le miracle Aragon s’est dédoublé chez les jeunes qui dansaient aussi aux sons de Quien sabe sabe, Guanta­na­mera… Comme inépuisable, ils chorégraphiaient des pas et en redemandaient encore et encore à presque 2 heures du matin.
aly@lequotidien.sn

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