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Amadou Kanouté, Président du Rcpt.

La transparence budgétaire est une des directives de l’Uemoa que le Sénégal a transposées. Aujourd’hui, la Société civile s’est beaucoup investie dans la vulgarisation en renforçant la sensibilisation des populations.

Le Sénégal a transposé la directive de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Cette quête de transparence et de participation citoyenne, la Société civile sénégalaise en a fait son combat. Selon M. Amadou Kanouté, président du Réseau citoyen pour la transparence budgétaire (Rcpt), il est nécessaire d’avoir une dialectique entre la démocratie économique et le contrôle citoyen. M. Kanouté qui participait hier à la table de concertation sur la transparence budgétaire organisée par le ministère de l’Intégration africaine, du Nepad et de la promotion de la bonne gouvernance en veut pour preuve les difficultés à accéder aux budgets. Ce que reconnaît le directeur de Cabinet du ministre de l’Intégration africaine, M. Massamba Sène. «Le talon d’Achille du Sénégal en matière de bonne gouvernance, c’est l’accès à l’information. Le budget est certes disponible sur internet, tout le monde peut le voir, mais il reste ésotérique», dit M. Sène qui souligne la nécessité d’un dialogue plus huilé entre l’Etat et la Société civile pour que les citoyens puissent disposer d’une information claire, complète et régulière.
Pour M. Kanouté, des réseaux comme celui qu’il dirige permettent aux citoyens d’être mieux informés. «Un tel cadre permet à ce que nous puissions être informés des orientations et de la vision de nos gouvernants, que nous puissions les interpeller, recueillir leurs éclairages sur l’utilisation des ressources et à partir de là, se crée un processus d’appropriation qui rend les politiques publiques plus fortes, les populations se sentent impliquées.» L’Union européenne qui appuie cette participation a financé le Programme d’accompagnement des initiatives de la société civile (Paisc) à hauteur de 3,6 milliards de francs Cfa.
Selon M. Pablo Cendoya, de la délégation de l’Union européenne au Sénégal, le Sénégal a enregistré aujourd’hui des avancées en matière de transparence budgétaire. Celles-ci ont été reconnues par des évaluations internationales. Ainsi, l’Indice du budget ouvert (Ibo) qui évalue si les gouvernements centraux procurent au public un accès aux informations concernant leur budget est passé, sur sa composante transparence, de 3 en 2010 à 10 en 2012 et 43 en 2015. Malgré ces bonnes notes, le Sénégal doit  faire mieux. Selon M. Cendoya, le Sénégal a encore des progrès à faire pour améliorer la participation. «Sur sa composante participation, la note de l’Ibo reste faible, indiquant de faibles opportunités de participation offertes par les pouvoirs exécutif, législatif et la Cour des comptes aux différentes phases du cycle budgétaire». En outre, dit-il, l’exécution des dépenses des démembrements externes de l’Etat ne rendent pas systématiquement compte de l’exécution des transferts importants reçus par l’Etat.
mamewoury@lequotidien.sn

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