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Depuis l’avènement des téléphones portables et des calculatrices, rares sont ceux qui osent se lancer dans des calculs mentaux à plusieurs chiffres. Pourtant, c’est ce que les élèves inscrits dans le programme Ucmas Sénégal ont réussi à faire samedi dernier au Centre culturel Blaise Senghor. Lors du concours Ucmas, près de 200 élèves âgés seulement de 5 à 15 ans ont effectué différentes épreuves de calcul mental mêlant addition, soustraction, multiplication à 5 chiffres, 10 voire même 15 ou 20 chiffres. Et ils les ont résolues en faisant preuve d’une concentration, d’une exactitude, d’une dextérité et d’une rapidité dépassant même la machine à calculer. «L’Ucmas est un programme malaisien qui vise à développer le cerveau de l’élève à partir d’un raisonnement mathématique. Il y a la concentration, la rapidité, l’exactitude, la confiance en soi, une aptitude à faire un calcul mental plus vite qu’une calculatrice… Le programme intègre tout cela», explique Mamadou Nouhaïrou Sané, un des instituteurs attachés à l’Uc­mas.
Au-delà des calculs mentaux, ce programme cherche surtout à développer les deux hémisphères du cerveau de l’enfant en faisant travailler ses deux mains grâce à l’Uc perle ou l’abaque. «Il est prouvé scientifiquement que quand on écrit avec la main droite, on développe la partie gauche du cerveau vice-versa. Le docteur Dino Wong a modernisé l’abaque, les anciennes calculatrices chinoises et créé un système combinant un ensemble de raisonnements sur l’abaque qui développent le cerveau de l’élève tout en lui permettant de faire des calculs mentaux plus vite qu’une calculatrice», note M. Sané. Ce dernier précise toutefois que ce programme est destiné uniquement à la tranche d’âge : 5 à 15 ans. «En ce moment, les neurones sont encore subtils à s’élargir. Au-delà des 15 ans, on commence à entrer dans l’adolescence, la puberté, le changement de comportement, de voix…», soutient-il.
Responsable du projet Ucmas au Sénégal, Bernadette Sambou souligne pour sa part les quelques réticences que les enfants ont eues au début. «Ils se demandaient si vraiment on pouvait réellement calculer avec cet appareil, l’Uc perle. Et d’autres n’ont pas voulu y croire. Mais au fur et à mesure, ils ont compris que ce n’est pas diable. On a juste converti les chiffres en images. Ce qui leur permet de capter plus les choses. Ça les aide», confie-t-elle.
Et à l’heure où on parle au Sénégal de la promotion des sciences, Mme Sambou estime que le programme est venu à point nommé. «On n’a que 10 ans pour faire de nos enfants des amoureux de la science : les 6 ans de l’élémentaire et les 4 ans du collège. Après cela, au lycée il est soit littéraire ou scientifique. Donc si à cette période, on ne lui fait pas aimer les sciences, on n’y arrivera jamais», lance-t-elle laissant à M. Prabahkar, celui qui a introduit l’Ucmas au Sénégal, le soin d’en faire l’historique. «Créé depuis 1993, par un docteur malaisien Dino Wong. Ce programme a sillonné plus de 70 pays dans le monde avant de s’installer en 2016 au Sénégal. On collabore avec 22 écoles privées (20 à Dakar et à 2 Thiès). Et à ce jour, plus 400 élèves ont été formés», souligne-t-il.
Rappelant que la vision de l’Ucmas est de faire en sorte que «tous les enfants du Sénégal puissent participer et profiter de ce programme», autant les élèves du public que ceux du privé. Etant donné que «la science c’est le futur». Les parents, qui ont assisté aux différentes prestations de leurs enfants, se sont réjouis de la pertinence du projet. Surtout que cela les aide à récolter de meilleures notes en classe et nourrit en eux des vocations scientifiques.
aly@lequotidien.sn

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