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6 jeunes adolescentes représentant 6 villages de la commune de Kandia, encadrées par des grand-mères collaboratrices de l’Ong Grandmother project-changement par la culture (Gmp), se sont prêtées à un concours de mode traditionnel, ont dit des contes et répondu à des questions relatives à la santé sexuelle et reproductive. C’était dans le village de Kéréouane, à l’occasion de la première édition de la journée «Debbo pullo» pour la revalorisation de la culture du Fouladou de Gmp.

Un défilé de jeunes filles habillées en tenues traditionnelles qui habituellement, ne sont revêtues qu’à l’occasion d’événements familiaux. Un récit de contes et une interrogation orale sur la santé sexuelle et reproductive. Ce sont les exercices auxquels se sont prêtées 6 jeunes filles représentant 6 villages de la commune de Kandia, au nord-ouest du département de Vélingara. Samedi dernier, sous l’ombre d’un grand arbre dans le village de Kéréouane, personnes âgées et moins âgées ont écarquillé les yeux, apprécié et applaudi au passage, une à une, de jeunes adolescentes peules (toutes sont soit en classe de 5ème ou en 6ème ), à la démarche altière, au pas presque compté, rivalisant de beauté dans des tenues… d’apparat : ensemble camisole et pagne tissé à la main assortis de dessins en fil bigarré, calebasse à la main et coiffure cousue de perles ou cauris. Des colliers retombant sur la poitrine ou des bracelets en perles noués au poignet ou à la cheville. Il revenait à chaque fille de commenter sa tenue, dire à quelle occasion elle était mise et quel sens donner aux parures. On a appris que ces tenues sont portées à l’occasion de cérémonies de mariage, au premier jour d’excision ou pour en célébrer la guérison. Que le pagne au-dessus du genou renseigne que la fille n’a pas l’âge de se marier, qu’après le genou elle peut prétendre au mariage. Que la calebasse symbolise la solidarité : malgré le nombre d’enfants à servir, la nourriture était mise dans une calebasse avec une seule cuillère, fournie à dessein, qu’ils se passent à tour de rôle sans rechigner. Que des tresses indiquaient la fin des travaux champêtres, etc. Chaque conte dit était commenté, la véracité du commentaire, l’aisance devant le public et l’élocution étaient mesurées par le jury composé d’acteurs culturels. Les questions posées aux filles étaient du genre : une fille chaste peut-elle tomber en état de grossesse, à quel âge doit-on légalement se marier ou encore quelles sont les causes des mariages d’enfants, quid des conséquences des grossesses précoces ?
Au terme de la compétition, Goundo Baldé du village de Pila Pithia a obtenu le plus grand nombre de points, selon le jury et a été déclarée «Debbo pullo 2019 de Gmp». Elle a obtenu des cadeaux et honneurs dignes de ses efforts à se mettre à l’aise dans les tenues traditionnelles et à répondre correctement aux questions du jury.
«Il ne s’agit pas en réalité d’une compétition. C’est juste pour revaloriser ces traditions en voie de disparition, en montrer toute la beauté et rappeler aux filles des leçons d’éducation sexuelle et toutes les autres valeurs culturelles positives enseignées dans les contes», commente Mamadou Couli­baly, chargé de projets à Gmp.

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