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Détenu en Arabie Saoudite depuis 2012, le Sénégalais Alcaly Cissé a été condamné par la justice saoudienne à une peine de 6 ans d’emprisonnement ferme. La révélation a été faite hier par ses avocats lors d’une conférence de presse.

Dans le couloir de la mort en Arabie Saoudite depuis 2012, Alcaly Cissé a échappé à la décapitation. L’ancien député libéral a été condamné en octobre dernier à une peine de 6 ans d’emprisonnement ferme. Il doit payer au plaignant, un homme d’affaires, plus de 1,5 milliard de francs Cfa de dommages et intérêts. L’infor­mation a été donnée hier par les avocats du prévenu lors d’une conférence de presse. Poursuivi au départ pour le délit d’escroquerie, il a été jugé pour «des faits de maraboutage et de charlatanisme qui sont contraires, selon le juge saoudien, aux principes de l’islam et réprimés dans le droit saoudien». Cependant, la défense a contesté la démarche de la justice saoudienne du fait qu’il a été jugé pour «des faits nouveaux qui n’avaient pas été invoqués au moment de l’extradition». Et de l’avis de Me Abdoulaye Tine, cela constitue «une violation du droit international».
Par ailleurs, le conseiller du compatriote détenu hors de nos frontières apprend qu’ils ont fait «immédiatement» appel de la condamnation pénale et de l’amende civile. Et selon Me Abdoulaye Tine, le groupe de travail de l’Organisation des Nations unies sur la détention arbitraire a été saisi sur «sa situation qui n’est pas compatible avec la détention parce qu’il souffre du cancer de la prostate», dit-il.
Président de la Ligue sénégalaise des droits humains, Me Assane Dioma Ndiaye appelle les autorités sénégalaises «à assumer leurs obligations consulaires et diplomatiques à l’égard des Sénégalais qui sont dans des difficultés à l’étranger». D’après lui, «avec l’amende ou la condamnation aux dommages et intérêts de 1,5 milliard, si Alcaly Cissé ne paye pas, il ne reviendra pas au Sénégal. C’est une sorte de contrainte par corps en réalité. Et un Etat se doit d’apporter son concours à des citoyens qui sont en souffrance ou en difficulté». De l’avis de l’avocat, que ça soit dans les dossiers Lamine Diack et Mbayang Diop, «nous ne sentons pas en réalité l’exercice de ses prérogatives. C’est une pathologie de notre gouvernance. Et l’Etat du Sénégal devra à l’avenir veiller à ce que ces Sénégalais se sentent protégés par leur Etat. Aujour­d’hui, nous sommes agressés de toute part». Et d’ajouter : «Au­jour­d’hui, avec l’affaire Alcaly Cissé, vous avez une décision des autorités sénégalaises, mais l’Ara­bie Saoudite et le Maroc ont foulé aux pieds cette décision. Cela est symptomatique de la faiblesse de notre diplomatie et de notre autorité au niveau international. On ne peut pas juger une affaire deux fois.» Le défenseur des droits humains a interpellé le ministre des Affaires étrangères, Me Sidiki Kaba, sur ces cas cités. D’après les avocats, Alcaly Cissé peut recouvrer la liberté d’ici le 25 septembre 2018.
Au Sénégal, Alcaly Cissé a été condamné en première instance et relaxé en appel. Il n’y a pas eu, selon ses avocats, de pourvoi en cassation. Il avait été arrêté à Casablanca au Maroc alors qu’il était en transit en partance pour Dubaï, ensuite extrader vers l’Arabie Saoudite.
msakine@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Tout cela, c’est du bla bla. Que ce soit en Mauritanie, en Arabie Saoudite ou au Maroc, les ressortissanrts du Sénégal volent, traversent les frontières maritimes sans autorisation, font du charlatantisme, commettent des crimes ( Gadio et l’autre dame en Arabie Saoudite) et lorsqu’ils se font prendre, crient au secours du Sénégal et des contribuables sénégalais pour qu’ils les tirent du pétrin. Ces individus ternissent l’image du Sénégal et se mettent à quatre pattes (l’Etat avec) chaque fois pour implorer et supplier. Qu’on laisse la justice de ces pays dont ils ont transgressés les normes légales, s’appliquer. Il y a bien du banditisme sénégalais international et l’État ferait bien attention, pour sa propre crédibilité, de ne pas toujours intervenir. Après tout ces bandits, Cissé, Gadio et tutti quanti ne sont pas des incapables mentaux ou juridiques. Le plus grand principe en droit, c’est que Nul n’est sensé ignorer la loi. Chez soi ou chez les autress.

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