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Bien qu’il ait été démis de ses fonctions de chargé de mission et de photographe à la Présidence, Momath Diop usait de sa carte professionnelle qui ne lui a pas été retirée pour abuser des ambassades et consulats accrédités au pays. Il a pris dernièrement 6 photos qu’il a vendues à l’ambassadeur du Soudan à 210 mille francs. Jugé pour usurpation de fonction et escroquerie au préjudice de l’Etat, il a été condamné à 6 mois avec sursis.

L’ex-chargé de mission à la Présidence et photographe Momath Diop se sucrait sur le dos des ambassades et consulats accrédités au Sénégal en leur vendant des photos prises lors de la présentation des lettres de créance à des prix élevés. Pour ces actes, il a été condamné à 6 mois avec sursis pour usurpation de fonction et escroquerie au préjudice de l’Etat.
Depuis plusieurs mois, il prenait des photos qu’il revendait à certaines ambassades ou consulats alors qu’il a été renvoyé. Persistant dans ce business, il a été perdu par le dernier acte qu’il a posé dans la deuxième quinzaine de septembre dernier. En fait, Momath Diop avait tiré 6 photos de dimension 30×45 qu’il a cadrées et revendues aux autorités soudanaises à 210 mille F Cfa. Des voix ont commencé à se lever pour dénoncer cette attitude de l’ancien chargé de mission à la Présidence qui utilisait encore sa carte professionnelle, nonobstant la résiliation de son contrat. Ces autorités consulaires accréditées au Sénégal ne pouvaient pas comprendre que l’Etat du Sénégal leur vende des photos de présentation de lettres de créance ou de diners à la salle des banquets à un prix aussi exorbitant.
Suite à leurs récriminations, une enquête a été ouverte. C’est ainsi que Momath Diop a été arrêté avant qu’il n’invoque des difficultés financières pour justifier son acte. «Je pensais, dit-il, que cette vente n’était pas illégale.» Comparaissant ce vendredi devant le Tribunal pour usurpation de fonction et escroquerie au préjudice de l’Etat, il a reconnu avoir à plusieurs reprises fait usage de sa carte professionnelle pour pouvoir accéder à l’intérieur de ces différentes ambassades. «Je n’avais plus de sources de revenus, car je n’avais plus de travail. Je demande pardonne. Je reconnais mon erreur», s’est-il amendé. «Une présidence de la République ne vend pas de photos», reconnaît-il encore devant le Tribunal.
Photographe depuis 1986, M. Diop avait réussi à obtenir des entrées dans plusieurs chancelleries. Mais il a été recruté à la Présidence sur recommandation de son oncle avant d’y servir comme chargé  de mission et photographe de 2014 à 2015. «Mais  c’est au mois de septembre que j’ai su que ma mission était finie», dit-il la voix empreinte d’émotion.
Pour des faits aussi constants et reconnus par le prévenu, le Parquet a requis l’application de la loi. Son avocat, Me Dieng, a plaidé la clémence. Cependant, il a tenu à précisé que son client  n’a tiré que deux photos sur le site de la Présidence qu’il a vendues à 200 mille F Cfa. En rendant sa décision, le juge l’a condamné à 6 mois avec sursis.
justin@lequotidien.sn

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