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La commande passée par le Sénégal pour la réalisation du Train Express régional auprès de la compagnie française Alstom permettra à la France de préserver environ 4 000 emplois permanents, une aubaine en période de fort taux de chômage que n’ont pas manqué de louer toutes les autorités françaises, politiques et économiques, impliquées.

(envoyé spécial en France) – Aucun des employés de la société Alstom, en partant du Pdg Henri Poupart-Lafarge au dernier des travailleurs du site Alstom de Reichshoffen, en Alsace, n’a caché sa joie d’accueillir le président du Sénégal, Macky Sall. Pour l’occasion, la compagnie française, ainsi que les autorités de la région alsacienne, ont mis les petits plats dans les grands. Ce n’est pas moins qu’un cortège d’une dizaine de véhiculés, auquel ouvrait le chemin une escadrille d’une demi-douzaine de motards de la police nationale française, qui escortait le chef de l’Etat sénégalais durant son passage dans cette région où Alstom a implanté l’une de ses usines.
L’occasion était en effet, trop importante, pour qu’on ne la notât pas. Si le contrat du Sénégal est si important  pour Alstom malgré sa modestie apparente, ce qu’il permet de sauver 1500 emplois directs pour la compagnie de fabrication des trains et de ses composantes, ainsi que plus de 2500 autres emplois auprès de fournisseurs et clients divers, ce qui fait en tout environ 4000 emplois. Tout le monde l’avouait sans ambages hier, même les plus modestes ouvriers : si le gouvernement sénégalais n’avait pas finalisé cette commande de 15 trains pour son Ter, le site de Reichshoffen allait fermer et une bonne partie du personnel mis à la porte. M. André Anot, l’un des directeurs techniques l’a dit, large sourire à la bouche, «nous avons là de l’emploi pour les deux prochaines années au moins, en espérant que avant la fin, de nouveaux contrats vont venir».
Le Pdg lui, a préféré utiliser un langage plus lyrique et plus pratique en assurant : «La nombreuse présence d’élus locaux ici présents vient symboliser les plus de 4000 collaborateurs chez Alstom et chez ses fournisseurs, qui travailleront sur ce projet. C’est pour nous l’occasion de faire travailler tout un bassin d’emplois, toute une région, au-delà de l’usine que vous avez pu visiter aujourd’hui.»
M. Poupart-Lafarge, ainsi que les directeurs de l’usine de Reichshoffen, ont affirmé que le modèle commandé par le Sénégal, à savoir le Coradia Polyvalent ou Régiolis, est un train bi-mode, c’est-à-dire qu’il peut être à traction diesel ou électrique, qui va pouvoir circuler à une vitesse de 160 km/h et desservir une ligne qui devra relier Dakar à Diamniadio, en attendant de pouvoir joindre la capitale au prochain aéroport de Diass. Les 15 premiers trains, qui seront livrés dans deux ans, vont couvrir 14 stations sur les 45 minutes qu’il leur faudra pour parcourir les 57 km, du tronçon. Ils transporteront quotidiennement, une moyenne de 115.000 passagers.
Le président Macky Sall n’a pas caché que c’est la capacité d’Alstom à réaliser des trains à propulsion bi-mode qui a été l’élément déterminant dans sa sélection. «Cela mettait déjà Alstom en pole position, sans compter qu’ils ont été compétitifs sur le prix», a-t-il souligné. Le président Macky Sall a ajouté que la réputation de la compagnie française, son expertise et les capacités de ses ouvriers à fournir le train dans les délais, ont également joué un très grand rôle dans son choix.
Mais la satisfaction de Macky Sall tient d’abord, a-t-il tenu à dire, au «saut technologique que nous allons faire grâce à ce Ter. Pour moi, c’est le meilleur héritage que l’on puisse laisser aux générations futures. Le chemin de fer reste l’une des matières les plus sûres pour assurer le transport interurbain. C’est aussi la voie privilégiée pour faire moins de pollution». En plus, la commande du Sénégal, pourrait entraîner d’autres pays africains à tenter le même saut, Macky Sall en est convaincu.
mgueye@lequotidien.sn

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