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Khalifa Sall serait interdit d’accès à la mosquée et à la bibliothèque de la prison de Rebeuss. Mercredi, lors d’un point de presse, le directeur de l’Administration pénitentiaire, le colonel Daouda Diop, a apporté des «précisions et éclairages» sur cette affaire.

La Maison d’arrêt de Rebeuss est connectée au monde moderne. Plus de contact physique entre le détenu et son visiteur. La Mac dispose désormais de parloir fonctionnel. Dans cette salle subdivisée en cabines et équipée de ventilateurs, les deux interlocuteurs communiquent via un téléphone. Derrière la baie vitrée, des matons, combines collées à l’oreille, s’évertuent à des démonstrations devant une dizaine de journalistes. La voix est aiguë. C’est le constat tiré après les tests effectués sur les appareils. Alors, d’après la direction de l’administration pénitentiaire, c’est depuis l’installation de ce nouveau système que Khalifa Sall a refusé de recevoir ses hôtes. Mercredi, lors d’un point de presse tenu à la Mac de Rebeuss, le directeur de l’Administration pénitentiaire a apporté des «précisions et clarifications» sur cette affaire qui pollue le débat public depuis quelques jours. «Ce qui s’est passé, c’est que depuis son incarcération jusqu’à la date du 10 mai, le parloir de Rebeuss, qui n’obéissait plus aux normes, a été fermé. Et on est passé dans une phase de construction d’un nouveau parloir qui devrait répondre aux normes fixées par les organisations internationales. Donc, durant cette phase de reconstruction, les visites se tenaient dans la cour administrative (…)», précise le colonel Daouda Diop.

«C’est son droit le plus absolu de ne pas recevoir au parloir»
Concernant le maire de Dakar, il explique : «Monsieur Khalifa Sall, lui, ne faisait pas la visite dans cette zone. On lui avait aussi, par souci de commodité, aménagé un local où il recevait ses visites. C’est comme ça qu’on a fonctionné du 13 mars au 10 mai, date de l’inauguration du nouveau parloir (…). Le jour auquel il a droit à une visite, c’est un jour pratiquement qui lui est réservé à lui tout seul. Il n’y a pas de risque, donc, que d’autres détenus interfèrent durant sa visite au parloir. C’est ça la règle qu’on a posée. Et M. Sall a dit qu’il ne peut pas recevoir des personnes au niveau du parloir. C’est son droit le plus absolu (…).» Le directeur de l’Administration pénitentiaire de préciser les «privilèges» accordés au maire de Dakar, placé sous mandat de dépôt depuis le 7 mars dernier dans l’affaire de la Caisse d’avance. «Dans cette journée qui lui est réservée, il reçoit 20 visites par jour (…). Les autres détenus du Sénégal, ici, à Rebeuss précisément, ont droit à 5 minutes lors des visites. Donc, pour M. Khalifa Sall, il n’y a pas de conditionnalité», souligne-t-il.

«On nous reprocherait de ne pas avoir pris les mesures de sécurité si quelque chose lui arrivait»
Le colonel Diop s’est aussi prononcé sur les «interdictions» au lieu de prière et à la salle de lecture «imposées» à Khalifa Sall. «Pour la mosquée, c’est d’abord pour des raisons de sécurité. Rebeuss, c’est 2 000 et quelques détenus qui, chaque vendredi, vont à la prière. Il nous appartient, nous Administration pénitentiaire, de s’assurer que toutes les conditions de sécurité sont garanties. M. Sall étant une personnalité de ce pays, on nous reprocherait de ne pas avoir pris les mesures de sécurité si quelque chose lui arrivait. Pour la bibliothèque, il n’a jamais été question de lui refuser l’accès d’autant plus qu’il n’a jamais demandé à y aller. La bibliothèque, les gens y vont sur demande. Il ne l’a pas faite», souligne Daouda Diop, qui ajoute qu’au total, le maire de Dakar a reçu 206 visites depuis son incarcération.
msakine@lequotidien.sn

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