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Même ses pairs ont reconnu hier qu’avec la mort de Ameth Amar, le Sénégal a perdu son plus grand industriel et un patriote qui ne pensait qu’à développer le Made in Sénégal.

Baïdy Agne, le président du Conseil national du patronat, l’a déclaré hier : «Le pays a perdu son plus grand industriel sénégalais», avec la disparition de Ameth Amar. En termes de chiffre d’affaires et de l’importance de son entreprise, le défunt était bien cela. Mais pas que. Les témoignages qui ont fusé lors de la présentation des condoléances de l’ensemble du patronat sénégalais dans sa diversité, aux épouses et à la famille du défunt, il est ressorti la grosse perte que vient d’éprouver le Sénégal.
Baïdy Agne qui, en tant que très proche de la famille du défunt, avec qui il avait des liens qui transcendaient les relations d’affaires, a déploré «la perte brutale» d’un investisseur qui «avait plein de projets en vue, et ne pensait qu’à créer de la valeur ajoutée» et de l’emploi dans ce qu’il entreprenait.
L’un des parents du défunt l’a d’ailleurs relevé dans son domicile du Point E : «Ameth Amar n’était pas connu pour posséder des immeubles à Dakar ou au Sénégal. Il aurait bien sûr, pu faire comme beaucoup de gens, construire un grand immeuble et se contenter de récolter les dividendes. Mais, ce n’était pas son genre. Ce qui intéressait Ameth, c’était de créer des emplois, de manière à permettre au Sénégal, son pays qu’il aimait par-dessus tout, de se développer.»
Le patron des patrons sénégalais a souligné que l’un des derniers grands combats de celui que tout le monde du business pleurait, aura été «d’inviter la Nation à se pencher sur l’avenir du Made in Sénégal en construisant une alliance forte pour un Sénégal industriel où l’on produit et consomme sénégalais».
Il a été largement dit dans les médias que l’homme est mort en emportant avec lui plusieurs de ses projets, dont certains visaient encore plus l’expansion de son entreprise, Nma Sanders, qu’il venait pourtant d’agrandir en rachetant les Moulins Sentenac de Donald Baron. Le souhait maintenant, pour tous ses pairs, est que la plupart de ces projets ne finissent pas enterrés avec leur promoteur. Et au nom de toutes les organisations patronales présentes à la cérémonie de présentation des condoléances, Baïdy Agne a indiqué à ses héritiers, que leurs conseils avisés leur étaient acquis.
Une image assez insolite, mais pas inimaginable pour qui connaît l’homme, a été de voir Mamadou Racine Sy, le Pca de Bolloré Sénégal, de l’Ipres et patron du King Fahd Palace hôtel, se muer en récitant du Coran à la fin de la cérémonie. L’homme, qui a tenu à rappeler que Ameth Amar et lui ont été les premiers Sénégalais à travailler à Dakar Port, a dévoilé là, une facette de lui peu connue de beaucoup de gens.
mgueye@lequotidien.sn

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