PARTAGER

Venue représenter le Président Français Emmanuel Macron, à l’investiture de Macky Sall, Ségolène Royal a fait un détour à l’Ecole nationale d’administration (Ena). Accompagnée du ministre de l’Environnement Mame Thierno Dieng, l’ambassadrice a animé une conférence sur le dérèglement climatique. Elle a échangé avec les acteurs sur les inquiétudes soulevées par ce phénomène mais aussi l’espoir que les énergies renouvelables suscitent en termes de création d’activités et de formation et de nouveaux métiers. A son avis, les pays développés qui détiennent les technologies d’accès aux énergies renouvelables ont l’obligation de transférer le savoir-faire, la formation en Afrique.

Les questions liées aux dérèglements climatiques soulèvent des inquiétudes en Afrique. Mais de l’avis de Ségolène Royal, elles sont également prometteuses. Pour l’ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, il faut juste un sursaut sur les énergies renouvelables et développer une autre vision du développement durable. Car, l’Afrique dispose de réelles potentialités. «Elle dispose de l’énergie solaire la plus importante. Elle a aussi l’hydroélectricité, la géothermique, l’énergie éolienne. Une vraie chance», soutient Ségolène Royal. Mais paradoxalement, les pays africains n’ont pas accès aux technologies pour exploiter toutes ces potentialités. Plus grave, «les pays occidentaux qui se sont développés grâce aux énergies fossiles demandent aux Africains de se détourner de ces énergies jugées trop pollueuses», fait-elle encore remarquer.
Un transfert des technologies liées aux renouvelables s’impose alors. D’ailleurs, l’accord de Paris sur le climat fait de la justice climatique une question fondamentale pour permettre à l’Afrique de se mettre à jour. Pour l’ambassadrice, les pays développés qui détiennent les technologies d’accès aux énergies renouvelables «ont l’impérieuse obligation de transférer les savoir-faire, les formations et de transférer même les fabrications sur le continent africains», plaide-t-elle.
Une obligation qui n’est pas traduite en acte sur le terrain, regrette un intervenant. «Jusque-là, le transfert de technologie ne se fait pas encore. On vient nous installer des centrales solaires sans que nos pays bénéficient du savoir-faire», fustige l’intervenant. Répondant à sa question, Ségolène Royal indique que ce sont les autorités qui doivent veiller au respect des contrats. «Dans les termes du contrat avec les entreprises des pays développés, il doit y avoir la formation, le transfert du savoir et même à terme, la fabrication sur place de la technologie», note-t-elle. Elle appelle ainsi les dirigeants africains et la jeunesse à saisir ces opportunités et à prendre conscience des questions du règlement climatique dont les aspects sont plus visibles en Afrique qui pourtant, pollue le moins avec seulement 7% de la pollution mondiale.
Autre problème rencontré par les africains pour amorcer la transition énergétique, c’est la question du financement. Or, il a été décidé la mise en place d’un Fonds de financement par l’accord de Paris. Le ministre de l’Environnement et du développement durable, listant les failles de cet accord, relève le défaut de contrainte et le non-respect des engagements financiers des pays développés. D’autres ont pointé du doigt les procédures jugées trop complexes pour bénéficier de ces financements.
Sur ce point, l’ambassadrice soutient que c’est aux pays africains de définir leur programme et aux bailleurs de coordonner pour éviter aux pays de courir après telle ou telle institution. C’est plus rapide et c’est ce qui est en train de se faire sous l’égide de la Banque africaine de développement.
A son avis, l’accord de Paris a voulu marquer une rupture dans le financement. «Tradition­nellement, ce sont les institutions qui décidaient de là où elles finançaient, mais avec l’accord de Paris, ce sont les pays africains en toute autonomie et en toute souveraineté qui décident de leur programme de transition énergétique et c’est là toute la différence», note-t-elle.
A sa suite, Penda Mbow, ministre-conseillère, a proposé une conférence mondiale des femmes sur le dérèglement climatique. «Depuis Beijing, il n’y a plus de conférence de femmes», souligne-t-elle. Appuyée dans son propos par Ndioro Ndiaye, elle estime qu’il faut une implication des femmes dans la recherche de solutions car se sont elles qui ressentent en plus et au quotidien les effets du changement climatique.
ndieng@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here