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Gorgui Wade Ndoye.

La deuxième édition du «Gingembre littéraire» démarre ce vendredi. Pour cette année, l’initiateur de l’évènement, Gorgui Wade Ndoye, a choisi Ziguinchor et Sédhiou pour tenir ses assises sur le «vivre ensem­ble». L’occasion aussi de discuter de la paix et de la place des femmes.

La deuxième édition du Gingembre littéraire démarre ce vendredi. Pour cette année, l’initiateur de l’évènement, Gorgui Wade Ndoye, a choisi la verte Casamance pour tenir ses assises sur «le vivre ensemble». Entre Ziguinchor et Sédhiou, plusieurs thématiques seront discutées pour comprendre et saisir l’expérience multiforme de cette Casamance plurielle en pleine mutation en faisant ressortir les continuités et discontinuités, les évolutions et involutions de Peuples unis par l’histoire, la géographie…, explique M. Ndoye, journaliste accrédité au siège des Nations unies à Genève. Plusieurs panels portant sur l’éducation, l’environnement, la création littéraire, la biodiversité serviront à nourrir des discussions. «Le choix thématique répond d’une volonté de jouer notre partition. Nous pensons que la culture permettra de faire que les gens continuent de dialoguer entre eux, se comprendre et avoir une communication non violente», précise le journaliste. Mais comme pour la précédente édition, le «Vivre ensemble» sera discuté et débattu. «On a eu à entendre des hommes politiques s’invectiver. On a aussi eu à entendre une certaine forme de violence qui ne dit pas son nom, alors qu’un Sénégalais peut dire beaucoup de choses sans insulter. Nous avons aussi une culture très complexe, retrouver notre culture pour pouvoir mieux être dans le monde, c’est important plus que jamais», souligne Gorgui Wade Ndoye. Pour cette édition, le Gingembre accorde une place prépondérante aux femmes. Selon M. Ndoye, le thème a été proposé par le Pr Souleymane Bachir Diagne. Dans cette région, les femmes sont fortement engagées pour le retour à une paix définitive. «Actuellement, celles qui se mobilisent le plus pour la paix, ce sont des organisations féminines. Il y a la Plateforme des femmes pour la paix et il y a aussi Usoforal qui est le Comité régional des femmes pour la paix qui vont participer au panel. Les femmes sont les gardiennes de nos cultures et cela ne date pas d’aujourd’hui. Depuis l’esclavage, la colonisation, elles étaient dans les champs, les maisons et les industries. Elles occupaient toutes les places», dit-il.
La pandémie qui frappe le monde ne peut être ignorée dans ces réflexions. L’organi­sation des Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé avaient prédit des millions de morts en Afrique. Mais aujourd’hui, le continent a montré une certaine résistance au virus, malgré un plateau technique faible et des systèmes de santé fragiles, constate M. Ndoye. «Cepen­dant au niveau économique, au vu de la mondialisation des échanges, l’Afrique pourrait enregistrer 220 milliards de dollars de pertes de revenus et la moitié des emplois perdus (Pnud). La dette plombe ses efforts. Le Covid-19 a déclenché la première récession de la région en 25 ans, avec une croissance économique qui devrait passer de 2,4% en 2019 à une fourchette de -2,1 à -5,1% (Banque mondiale)», poursuit-il en soulignant que le panel va réfléchir autour des questions suivantes : d’où l’Afrique tire-t-elle ses forces, a-t-elle des atouts (population, numérique etc.) ? Appeler l’Afrique à secourir l’Occident et le reste du monde, un culot ? Peut-on parler de miracle africain face au Covid-19 ?

Un texte de la Casamance
Prévus le 5 décembre à Sédhiou, les panels du Gingembre 2020 vont aborder une multitude de thématiques. «Le grand message après, ce sera de sortir un texte de la Casamance que nous allons proposer aux Sénégalais et au reste du monde», annonce M. Ndoye. A quelques jours du démarrage de l’évènement, Gorgui Wade Ndoye mesure toute la lourdeur de la logistique à mettre en place avec des billets d’avion qui ont pris l’ascenseur. «Mais c’est peut-être l’impact économique du Gingembre», indique M. Ndoye qui se réjouit du soutien de l’Etat.

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