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Les membres du Forum du Tiers monde se sont retrouvés hier, autour d’une table ronde à débattre des défis du système de la mondialisation. Samir Amin qui croit à une solution africaine face «aux désastres sociaux» et aux «reculs politiques» occasionnés par un système qui, selon lui, a atteint ses limites, invite les Africains à proposer des projets nationaux souverains  populaires et à reprendre en main leurs ressources naturelles afin d’obliger le système mondial à négocier avec le continent.

Le système de mondialisation et du néolibéralisme, actuellement en place, est à l’origine des «désastres sociaux» et des «reculs politiques» que le monde vit présentement. Telle est la conviction de Samir Amin, coordonnateur du Forum du Tiers monde. L’économiste franco-égyptien animait, hier, une table ronde sur le thème : «Face à la mondialisation pour une alternative africaine souveraine et populaire». Il soutient que le capitalisme est en train de s’effondrer par lui-même. D’ailleurs indique-t-il, le monde assiste aux manifestations de l’effondrement du système capitaliste. Il cite le Brexit qui, selon lui, est une amorce de l’effritement du projet européen. Ce n’est pas le seul exemple. La crise en Grèce avec l’élection de Syriza, le référendum italien qui pose le problème de la gestion de l’euro et de la place de l’Italie dans la zone de Euro (Ndlr : référendum perdu par Renzi), la montée du fascisme à travers toute l’Europe et aussi récemment l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis.
Cet effritement du capitalisme n’épargne pas l’Afrique. Dans le continent noir, notamment dans une bonne partie de l’Afrique musulmane, Samir Amin relève des manifestations «extrêmement violentes  de l’Islam politique à des fins de dictature politique et d’enrichissement personnel». Dans la même foulée, l’écrivain note ce qu’il appelle «des retours en arrière de l’ethnicité et l’éclatement de certains pays comme la République Centrafricaine ou la République démocratique du Congo sur des bases ethniques». Partout à travers le monde, l’octogénaire y décèle des manifestations de l’incapacité du système économique politique culturel mis en place à gérer ces crises devenues récurrentes.

L’Afrique doit reprendre en main ses ressources naturelles
Le monde est donc plus que jamais confronté aux défis que représente cette implosion. «Quelle est donc l’alternative à proposer ?», s’interrogent les panélistes. Pour Samir Amin, le premier acte, c’est d’oser déposséder les oligarchies, c’est-à-dire nationaliser le monopole et ensuite inventer un socialisme. «Si on n’ose pas, l’humanité est condamné à zéro», soutient l’écrivain.
Dans cette recherche d’alternative, quel rôle doit revenir à l’Afrique ? Il indique que le continent doit proposer des solutions qui s’inscrivent dans la perspective de projets nationaux souverains, populaires, c’est-à-dire un développement de toutes les classes de la Nation et pas seulement une minorité. Ce développement qui passe nécessairement, selon les participants, par une rénovation de l’agriculture paysanne est une exigence pour le continent africain.
Au-delà de ces solutions, l’Afrique doit, estime M. Amin, reprendre la maîtrise de ses ressources naturelles. Car, «pour le système mondial, l’Afrique est région de pillage de ressources naturelles. Donc, il faut commencer par reprendre en main et avec force la possession de ressources naturelles et obliger le système mondial à venir négocier avec lui», conseille-t-il. Il invite les pays comme le Nigéria avec ses 18O millions d’habitants, l’Egypte avec ses 90 millions d’habitants, l’Ethiopie avec 90 millions d’habitants et des pays qui ont 45, 50 millions d’habitants de se comporter comme de grands pays capables de faire face aux défis de la mondialisation.
ndieng@lequotidien.sn

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